Mali: mandats d’arrêt contre des chefs de groupes armés

Iyad Ag Ghali, leader d'Ansar Dine visé par un mandat d'arrêt, le 7 août 2012.
© AFP/ ROMARIC OLLO HIEN

Des mandats d'arrêt ont été lancés contre les chefs d'Ansar Dine et du Mujao, mais aussi contre des narcotrafiquants et des rebelles du MNLA. Le parquet a précisé les faits qui leur sont reprochés: 17 chefs d'accusation au total. Bamako ne fait aucune distinction entre les islamistes auteurs de l'offensive militaire sur le sud du pays, et le MNLA, qui souhaite négocier avec les autorités maliennes.

Ils sont poursuivis pour des faits de terrorisme, sédition, atteinte à l'intégrité territoriale de l'Etat, crimes à caractère racial, régionaliste et religieux, ainsi que pour trafic international de drogue et emploi illégal de la force armée. Bamako ne fait aucune distinction entre les islamistes auteurs de l'offensive militaire sur le sud du pays et le MNLA, qui souhaite négocier avec les autorités maliennes.

Daniel Tessogué
11-10-2013 - Par Christine Muratet

Les chefs d'Ansar Dine, du Mujao et du MNLA sont tous sur cette liste noire des terroristes ou rebelles visés par des mandats d’arrêt nationaux et internationaux lancés par le Mali. Mais le procureur général prés la cour d'appel de Bamako, Daniel Tessogué, assure que la liste publiée n'est pas exhaustive.

On y trouve en effet les noms de Iyad Ag Ghali, de Baba Ould Cheikh, le narcotrafiquant impliqué dans l'avion de la cocaïne, ou encore de Mohamed Nagim le chef militaire du MNLA. Mais, curieusement, les chefs d'Aqmi ne sont pas mentionnés. Le procureur assure cependant que si Abou Zeid ou Mokhtar Belmokhtar n'y figurent pas encore, ils y seront très bientôt.

Ces mandats d'arrêt signent le refus de Bamako de dialoguer avec le MNLA

En quelques mois, le MNLA a réussi à concentrer toute la rancœur d'une majorité de la population malienne. Le groupe indépendantiste est accusé d’avoir ouvert la voie aux groupes terroristes, et de s'être compromis avec eux. En décembre dernier, la classe politique et la société civile maliennes ont demandé aux pouvoirs publics de « lancer sans délai des mandats d'arrêts internationaux contre ses dirigeants ».

Il y a peu pourtant, le président Dioncounda Traoré assurait que le MNLA était le seul groupe armé avec lequel il était possible de négocier. Mais la pression politique et populaire était très forte, particulièrement depuis ces derniers jours, depuis que le MNLA avait repris le contrôle de plusieurs villes du Nord, dont Kidal et Ménaka, tout en refusant de voir l'armée malienne s'y installer. Une attitude irrédentiste qui a irrité au plus au point la rue malienne, mais aussi le pouvoir et les militaires.

Pour un représentant de la médiation ouest-africaine, cette procédure de mandats d'arrêt signifie clairement que le Mali n'est plus disposé à dialoguer avec le MNLA. Reste à voir quelle sera la position de la France, qui travaille sur le terrain dans le nord du Mali avec les combattants du MNLA pour faire la chasse aux terroristes, et qui, tout comme le Burkina et l'Algérie, plaide toujours pour un dialogue avec le groupe rebelle.

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