Centrafrique: les religieux alertent sur le risque de violences interconfessionnelles


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En Centrafrique, plane le risque d'affrontements interreligieux. C’est ce qu’estiment les leaders religieux qui se sont regroupés au sein d'une plateforme afin d’attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la tension qui prévaut en ce moment dans le pays. Ces leaders affirment disposer d'éléments sur les risques « affrontements entre chrétiens et musulmans » dans les provinces, à cause des attaques menées par les rebelles de la Séléka.

Malgré la signature des accords de paix, les religieux ont fait le constat que des éléments de la Séléka continuent d’attaquer des villes. Dernier exemple en date, l’église catholique de Mobaye a été saccagée jeudi. Le révérant Nicolas Guerekoyame-Gbangou de l’association des évangéliques explique que les choses pourraient dégénérer dans les provinces si ces attaques continuent : « L’affrontement peut être provoqué par les populations autochromes qui ont subi des exactions. L’affrontement peut venir de la part de ceux qui se sentiront attaqués et s’ils sont attaqués, ils seront dans l’obligation de se défendre ».

D’après les religieux réunis à Bangui, ce sont donc des chrétiens qui sont visés. Kobir Layama, l’imam de la mosquée centrale de Bangui reconnait les faits mais pour lui, il ne faut pas faire d’amalgame avec l’ensemble de la communauté musulmane. « Je le dis très fort aujourd’hui que ceux qui mènent ces actions contre les frères chrétiens, ne sont pas des musulmans engagés ».

L’archevêque de Bangui, Monseigneur Dieudonné Nzapalainga, rappelle qu’en cas de litige, la partie qui se sent lésée doit s’adresser au médiateur comme prévoient les accords de Libreville. « Si nous avons des revendications à formuler, il faudrait le formuler clairement et distinctement et l’adresser à qui de droit. Nous devrons faire attention pour ne pas embraser tout le pays. Aller détruire une église, ce n’est pas un bon choix ».

Les religieux prévoient de rencontrer dans les prochains jours, les leaders de la Séléka, de la force multinationale et du gouvernement afin de faire pression sur les rebelles pour qu’ils cessent toute exaction.