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France

Visite guidée en France coloniale

Y'a bon Banania ! Le célèbre tirailleur a symbolisé l'empire colonial français tout au long du XXème siècle
© DR

Pour la huitième année consécutive, démarre ce samedi la semaine anti-coloniale. Son objectif est de combattre la racisme, d'aider à sortir de la guerre des mémoires, en proposant pendant deux semaines - du 16 février au 3 Mars - des films, des expositions et des débats sur des thèmes aussi sensibles que la Françafrique, l'immigration, l'esclavage et le droit à réparations. Pour annoncer cet événement, le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) et le réseau Sortir du colonialisme ont organisé une visite guidée de lieux liés à l'esclavage et à la colonisation.

Il s'agit de présenter les lieux de mémoire de la colonisation et de l'esclavage dans le Paris d'aujourd'hui

Louis Georges Tin
16-02-2013

Dans le bus vert à impériale, les historiens ont pris place. Des guides pour une visite originale de ces lieux de mémoires liés à l'histoire de la traite négrière, à l'esclavage et à la colonisation. Première escale : la place des Victoires, dans le 1er arrondissement, à l'emplacement de l'hôtel de Massiac aujourd'hui disparu, qui abritait le premier lobby de colons esclavagistes en 1789.

« Le triomphe du club Massiac, explique Marcel Dorigny, historien, a été d'obtenir de l'Assemblée constituante une loi accordant aux colonies une autonomie interne très large, et avec le monopole du statut des personnes, autrement dit, de l'esclavage. »

Au cours de la visite, les organisateurs avait prévus un chocolat chaud, avec le célèbre Y'a bon Banania !, et quelques biscuits. « Ce sourire au chocolat, poursuit Marcel Dorigny, c'est le sourire de la biscuiterie nantaise, qui a été constituée avec des familles de négriers, avec des capitaux issus directement de la traite négrière. »

Des ratés à l'allumage, puis direction l’esplanade des Invalides. L'historien Pascal Blanchard donne de la voix pour expliquer l'exposition coloniale de 1889 : « Pendant plusieurs expositions coloniales et universelles, ont été présentés des villages africains, des villages antillais, des villages canaques. C'est à peu près resté dans la tête de nos arrière-arrière-grands-parents, puisque pour la plupart, le premier noir qu'ils ont vu, c'est peut-être dans un zoo humain. »

Un tour de Paris revisité qui prend fin à la Goutte d'or, dans le 18e arrondissement de la capitale, où se concentre une importante population immigrée.

La question des réparations de ce crime contre l'humanité reste posée

Eva Joly
16-02-2013

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