A Tombouctou, quatre mystérieuses disparitions

Le commandant militaire de la région de Tombouctou et le patron de la gendarmerie disent ne pas savoir où sont passés les disparus.
© REUTERS/Benoit Tessier

Quatre Maliens dont trois Arabes ont été arrêtés par les forces armées maliennes. Leurs familles sont sans nouvelles. Le commandant militaire de la région affirme ne pas les détenir. La gendarmerie non plus. La plupart des Arabes de peau claire ont fui Tombouctou à l’arrivée des forces maliennes et françaises. De source militaire, de nombreuses armes et munitions ont été retrouvées dans leurs boutiques.

Du haut de ses 13 ans, Boubakar raconte l'histoire : jeudi matin, une dizaine de militaires enturbannés se sont présentés au domicile de son père, Hama Ould Dahama, un grossiste arabe. Ils lui ont ligoté les mains, bandé les yeux, avant de l’embarquer dans un véhicule.

Le jeune adolescent ajoute qu'ils ont également arrêté son oncle. La veille, le père de Boubakar avait offert une vache et deux plaques de sel aux militaires maliens pour les remercier d’avoir libéré la ville.

Ali Ould Mohamed Kobad, un commerçant et éleveur arabe, qui réside en face de la villa ayant abrité plusieurs mois le jihadiste français Gilles Le Guen, a lui aussi été interpelé jeudi matin. Son voisin se porte garant : il s’est toujours tenu à l’écart des islamistes.

Maouloune Fassoukoy, un ami songhaï, s’était aussi manifesté pour vanter l’intégrité de l’éleveur. Il a été interpellé à son tour. Son épouse Fatouma se fait un sang d’encre.

Le colonel Keba Sangaré, commandant militaire de la vaste région de Tombouctou, ne confirme pas ces arrestations. Le colonel Bourama Berthé, patron de la gendarmerie, affirme ne détenir aucun des quatre disparus.

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