Soudan du Sud : plus de 100 généraux mis à la retraite


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Le Soudan du Sud, tout jeune pays, est encore en pleine transition. Et parmi les chantiers en cours, il vit actuellement une délicate restructuration des armées. La question est de savoir comment intégrer quelques 200 000 anciens rebelles dans une armée régulière et professionnelle. Cela passe notamment par la mise à la retraite d'une centaine de généraux.

L'heure n'est plus à la guerre mais aux économies. Voilà le message envoyé aux hommes de l'ancienne SPLA, l'Armée populaire de libération du Soudan. L'ex-rébellion, qui durant 21 ans a mené la lutte contre Khartoum, est devenue depuis 2005 une armée nationale. Elle est forte 200 000 soldats dont des milliers d'officiers et de sous-officiers.

Cette machine de guerre est jugée trop coûteuse pour un pays qui vit largement des subsides de la communauté internationale. Les 118 généraux mis à la retraite font suite aux 35 qui avaient quitté les rangs le mois dernier. Et d'autres dégraissages devraient suivre.

Cette vaste restructuration pourrait permettre au Soudan du Sud d'avoir à terme une armée plus resserrée et plus professionnelle. Cependant, les généraux mis à la retraite conserveront pour un temps leur salaire, et ce afin d'éviter des tiraillements.

Plusieurs de ces généraux occupaient de hautes fonctions administratives et certains voient dans leur départ une volonté du président Salva Kiir de reprendre le contrôle de l'appareil d'Etat.

Du coté du gouvernement, on assure qu'il n'y a aucune lutte de pouvoir souterraine mais simplement une volonté de réduire les dépenses. Après l'armée, ce pourraient être la police, les forces de sécurité et l'administration qui seront mises au régime sec.