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Procès Gbagbo: la procureure de la CPI présente les charges

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La Cour pénale internationale (CPI) a entamé ce mardi 19 février une audience qui doit s'étaler sur une dizaine de jours. Il s'agit pour les juges d'étudier si le dossier de l'accusation permet l'ouverture ou non d'un procès pour crime contre l'humanité. En clair, l'ancien président ivoirien peut-il être tenu pour responsable des violences postélectorales ?

Avec notre envoyée spéciale à la Haye, Sarah Tisseyre

La procureure Fatou Bensouda a commencé à expliquer pourquoi elle entend poursuivre Laurent Gbagbo – en français d’abord pendant trois minutes avant de passer à l’anglais : « Il ne s’agit pas de dire qui a gagné l’élection de 2010, dit-elle. Il n’est pas question ici de politique ».

« Nous sommes là parce que des violences à grande échelle ont été commises, ajoute Fatou Bensouda. Ce devait être un moment historique, la première présidentielle en dix ans, et en trois jours le pays a sombré dans une situation de division et de haine ».

Fatou Bensouda et son équipe accusent l’ancien président ivoirien et son entourage d’avoir adopté un plan pour se maintenir au pouvoir coûte que coûte, et d’avoir poussé les forces pro-Gbagbo à commettre des attaques systématiques contre les civils jugés fidèles à son rival, sur la base de critères ethniques, religieux, ou de nationalité. Le bureau du procureur accuse donc Laurent Gbagbo de crimes contre l’humanité, notamment de meurtres et de viols commis par ses forces.

L’intéressé n’a pas bronché. Il aura passé ces trois heures d’audience entrecoupées de pauses à écouter attentivement. L’accusation promet de fournir des preuves au cours des prochains jours, des extraits de témoignages, de vidéos, des rapports de l’ONU et d’ONG, et des documents saisis dans la résidence présidentielle.

Bataille de procédures

La plus grosse partie de cette audience était consacrée à un débat de procédures qui a été provoqué par la défense. Celle-ci a essayé en vain d’obtenir un troisième report de cette audience, en dernière minute. Elle a essayé de faire valoir que l’affaire Gbagbo n’était pas recevable devant la CPI et ce en vertu du principe de complémentarité selon lequel la CPI ne peut se charger de rendre la justice que lorsque les Etats n’ont ni la volonté ni la capacité de le faire eux-mêmes.

Or la Côte d’Ivoire a la capacité et la volonté de le faire, selon la défense, qui a souligné que des poursuites avaient bien été lancées en Côte d’Ivoire contre les plus hauts responsables, y compris Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé, que la procureure cite abondamment comme co-auteur des crimes avec Laurent Gbagbo.

Près de 400 partisans de Laurent Gbagbo ont fait le déplacement devant le tribunal de La Haye pour dénoncer la tenue de ce procès et demander sa libération.

« Free Gbagbo ». Ils étaient quelques centaines à crier « libérez Gbagbo » sous les fenêtres de la CPI mardi, venus de France et d’ailleurs, à bord de plusieurs cars…
Manifestation pro-Gbagbo devant la CPI 10/10/2013 - par Sarah Tisseyre écouter

Dans le détail, l’accusation insiste sur 4 événements. D’abord une marche vers les locaux de la Radio Télévision ivoirienne en décembre 2010. Une marche « de civils » réprimée par les forces de sécurité « alors qu’il n’y avait pas de provocation », dit l’accusation, et ça ne manquera pas de faire réagir la défense.

D’après la Procureure, une vague d’attaques lancées ensuite par les forces pro-Gbagbo contre les civils jugés partisans de son rival aurait causé 54 morts, et au moins 17 viols.

Deuxième événement : la répression d’une marche de femmes à Abobo en mars 2011. Les forces pro-Gbagbo ont ouvert le feu sans sommation sur les manifestantes, et en ont tué 7, affirme l’accusation.

Deux semaines plus tard, ajoute la Procureure, les forces pro-Gbagbo ont tiré au mortier sur le marché d’Abobo et ses environs. Plus de 25 civils tués, un quarantaine de blessés.

Enfin, la Procureure accuse des miliciens et mercenaires pro-Gbagbo d’avoir notamment exécuté et brûlé vive 80 personnes à Yopougon, fin avril 2011. Laurent Gbagbo avait déjà été arrêté mais l’accusation assure ces exactions sont le fruit d’une politique pensée auparavant par lui et son cercle rapproché pour le maintenir au pouvoir à tout prix.

Sur la base de ces 4 événements, l’accusation espère convaincre les juges qu’il y a matière à poursuivre Laurent Gbagbo comme co-auteur indirect de crimes contre l’humanité. Elle promet d’en apporter la preuve, documents à l’appui, dans les prochains jours.

S.T.

Cette audience de Laurent Gbagbo est importante pour les victimes, disent les ONG représentées à La Haye, mais elles s’émeuvent que personne n’ait pour l’heure été poursuivi dans le camp Ouattara.

« Les deux camps qui étaient en conflit en Côte d’Ivoire ont eu à commettre des crimes graves, explique Drissa Traoré, président du Mouvement ivoirien des droits humains . C’est le moment maintenant , où le temps de confirmation des charges va avoir lieu, de faire en sorte que les enquêtes puissent accélérer pour ne pas que les Ivoiriens aient le sentiment que seulement un camp est visé. Et donc pour nous c’est un événement important, mais qui ne doit pas être le seul ».

Pour une justice plus impartiale, et équilibrée, les ONG appellent aussi le procureur à étendre son enquête aux événements remontant jusqu’en 2002. Les juges l’y ont autorisé, mais jusqu’ici, ses accusations se concentrent sur la crise post-électorale 2010-2011.

« Toutes les victimes qui ont été martyrisées dans leur chair depuis 2002, il ne faut pas qu’une partie d’entre elles se sente lésée, commente Neth Willy Alexandre, secrétaire général de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme. C’est important parce qu’on veut aller à la réconciliation ».

La FIDH, elle, espère que le travail d’enquête du procureur sera mieux ficelé pour Laurent Gbagbo que par le passé, après, entre autres, l’acquittement du chef de milice congolais Mathieu Ngudjolo Chui et le non lieu du responsable des FDLR Callixte Mbarushimana.

S. T.

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