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Procès Gbagbo: la défense dénonce un procès politique

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L’audience de confirmation des charges de Laurent Gbagbo à La Haye a bien repris mercredi 20 février avec la déclaration inaugurale de la défense. Les avocats de Laurent Gbagbo l’ont présenté comme un bouc émissaire, se sont livrés à une attaque en règle du travail mené par le bureau du procureur, et ont appelé à faire la lumière sur tous les crimes commis en Côte d’Ivoire, y compris depuis le début de la rébellion, le 19 septembre 2002.

Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Sarah Tisseyre

« Le procureur avait promis de poursuivre les deux camps en Côte d’Ivoire, pourtant seul Laurent Gbagbo est ici. Pourquoi ? » C’est par cette question que maître Emmanuel Altit a commencé sa déclaration inaugurale.

L’avocat de Laurent Gbagbo le présente comme un bouc émissaire. « Sa chute a été planifiée et organisée, dit-il. Les puissances ne voulaient pas d’une paix négociée en Côte d’Ivoire ». Il souligne aussi que cette affaire est une affaire française.

La défense accuse la procureure de ne pas avoir enquêté, de s’être contentée de valider une version de l’histoire fournie par Alassane Ouattara. Pour preuve, dit-elle, les vidéos de la marche sur la RTI montrent qu’il y avait des combattants pro-Ouattara armés parmi les manifestants, pas simplement des civils.

La lutte contre l'impunité ne se divise pas. Il ne peut y avoir de bonnes ou de mauvaises victimes. (...) Les populations de Côte d'Ivoire attendent mais ne voient rien arriver.
Extraits de la déclaration inaugurale de la défense Me Agathe Bahi Baroan 10/10/2013 - par Sarah Tisseyre écouter

Le travail d’enquête a été tellement bâclé, dit encore la défense, que des images prises au Kenya ont été versées au dossier. Et d’ajouter : « Le peuple ivoirien mérite mieux qu’un procès politique ». Au nom de la réconciliation en Côte d’Ivoire, les avocats exhortent la CPI à faire la lumière sur tous les crimes commis dans le pays depuis le 19 septembre 2002, début de la rébellion.

Devant Laurent Gbagbo, qui écoute et acquiesce parfois, maître Altit lance : « J’ai une pensée pour toutes ces victimes que le procureur oublie, qui se sentent abandonnées parce qu’elles ne font pas partie du camp des vainqueurs ».

Dans l’un des quartiers abidjanais où cohabitent des Ivoiriens de sensibilités politiques différentes depuis les années 60, on s’intéresse peu au fond du dossier Laurent Gbagbo à la CPI…
Les réactions à Abidjan après l'audience 10/10/2013 - par Stanislas Ndayishimiye écouter

 

 

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