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Enlèvements au Cameroun: vers l'hypothèse du «crime crapuleux»

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Sept Français ont enlevés mardi au Cameroun. Annoncée dans la précipitation ce jeudi 21 février, leur libération a été rapidement démentie. Marc-Antoine de Montclos, chercheur à l’IRD et spécialiste du Nigeria, explique les raisons qui le font douter de la thèse d’un enlèvement par Boko Haram. Pour le chercheur, la pire hypothèse est celle d’un enlèvement par une bande criminelle qui négocierait la « revente » des otages à un groupe terroriste.

RFI : Pensez-vous que Boko Haram puisse être derrière cet enlèvement ?

Marc-Antoine de Montclos : Disons qu’il y a un faisceau de présomptions, essentiellement par effet de proximité. Parce que l’enlèvement s’est produit, effectivement, dans la zone d’action d’influence de Boko Haram. Mais il faut quand même rappeler que, jusqu’à présent, Boko Haram n’a jamais revendiqué d’enlèvements d’expatriés. Ce serait une véritable première. Et, vous l’avez dit, la situation est extrêmement embrouillée.

Mais on a quelques éléments d’information qui laissent apparaître que ce sont six hommes à motos qui, au détour d’une piste, auraient enlevé les Français. Cela renvoie quand même plutôt aussi à l’idée d’un crime crapuleux. Cette hypothèse-là est en train de remonter en ce moment, en sachant que le nord du Cameroun, où s’est produit l’enlèvement, est infesté de bandes armées qui pratiquent plutôt l’enlèvement de Peuls, de notables, d’enfants. Pas des enlèvements d’expatriés.

Mais on a un peu l’impression qu’il s’agit d’une rencontre fortuite. C'est-à-dire qu’il est difficile de planifier à l’avance l’enlèvement de touristes, dont on ne sait pas où ils se rendent. Et peut-être même ne le savaient-ils pas eux même. Ils ont dû suivre un troupeau d’éléphants, ou des girafes, et se sont retrouvés là au mauvais moment et au mauvais endroit. C’est très différent d’une planification, où l’on voit une cohorte de pick-up, avec trente hommes armés, comme a pu le faire al-Qaïda, qui va enlever des otages sur leur lieu de travail ou sur leur lieu de résidence. Là, cela s’est passé au détour d’une piste. On a plutôt l’impression que c’est assez fortuit de ce point de vue.

Vous considérez qu’il s’agit probablement d’un crime crapuleux mais, revenons sur Boko Haram – puisque c’est la thèse évoquée en premier lieu par l’Elysée – Boko Haram, à qui l’on attribue souvent le nom de « secte ». Quelle est la signification de ce nom « Boko Haram », et quand est né ce mouvement ?

Le groupe est né au début des années 2000, sous l’égide d’un leader spirituel. Un gourou qui s’appelait Mohammed Yusuf et qui a été froidement exécuté par la police nigériane en 2009 à Maiduguri.

C’est une secte parce que ce sont des pratiques et des discours très sectaire. En sachant que leur « cœur de cible », ce sont d’abord les mauvais musulmans, bien avant les chrétiens. Mais après l’exécution de leur leader spirituel en 2009, la secte a basculé dans la violence terroriste. Elle a commencé à commettre des attentats terroristes. Et c’est une vraie nouveauté, au Nigeria et dans toute la région, un tel modèle terroriste comparable à ceux en Afghanistan, au Pakistan, au Hamas, Hezbollah... Là, on a assisté à une sorte de fuite en avant vers la violence terroriste.

Boko Haram, à ce moment-là, s’est mis à attaquer et à placer des bombes sur les bureaux des Nations unies à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria. Ils ont attaqué le siège national de la police nigériane.

Boko Haram, ça veut dire « le livre est un pêché », sous-entendu l’éducation occidentale est un pêché. Donc, c’est l’idée d’un rejet fort de la modernité occidentale, d’une modernité qui n’a pas réussit, d’ailleurs, à développer le nord du Nigeria.

Des attaques qui ont pris pour cible, surtout, des chrétiens. Human Rights Watch évoque 1 500 morts depuis 2009...

Non ! Ce n’est pas essentiellement contre les chrétiens ! Là, on est vraiment dans une fabrication médiatique. Boko Haram remonte au moins à 2002, et au début, ils ne s’en prennent qu’aux musulmans. Les mauvais musulmans, ceux qui refusent d’appliquer strictement la charia. C’est ça leur « cœur de cible », avec les forces de sécurité d’un Etat laïque, nigérian.

Et c’est seulement à partir de 2010, avec cette dérive terroriste, que Boko Haram s’en est pris à des chrétiens. C’est ce qui est rapporté dans les médias. Mais quand Boko Haram tue des musulmans, il n’y a pas une ligne dans la presse. Il n’y a pas une ligne dans les radios occidentales.

Pour Ansaru, le «cœur de cible», oui, ce sont les chrétiens. Ce sont les expatriés. Les Français notamment. Pour Boko Haram, ce n’est pas ça. Ça reste quand même les mauvais musulmans.
Marc-Antoine Pérouse de Montclos

Donc, attention ! Ne nous trompons pas. Il y a effectivement un groupe dissident de Boko Haram – mais je trouve ça très significatif – qui s’appelle Ansaru. Ce groupe, effectivement, a quitté Boko Haram parce que précisément, ils l’accusaient de s’en prendre à ceux qui n’étaient pas les vrais ennemis de l’islam. Pour Ansaru, les vrais ennemis de l’islam, ce sont les chrétiens, les « croisés » qu’il faut chasser de la terre d’islam.

Là on rejoint le discours global d’al-Qaïda, qui fait des chrétiens le « cœur de cible ». Ce groupe dissident de Boko Haram, qui a pour nom Ansaru, a effectivement commis des enlèvements d’expatriés dans la zone, encore le week-end dernier au Nigeria. Et puis il y a deux mois, un Français a aussi été enlevé par Ansaru.

Mais le mode opératoire, le discours jihadiste, est très différent. Pour Ansaru, le « cœur de cible », oui, ce sont les chrétiens. Ce sont les expatriés. Les Français notamment. Pour Boko Haram, ce n’est pas ça. Ça reste quand même les mauvais musulmans.

C’est ce qui vous fait dire qu’on s’oriente plus vers un crime crapuleux ?

Il y a trois hypothèses. Il y a l’hypothèse Boko Haram ; il y a l’hypothèse du crime crapuleux ; et puis il y a l’hypothèse Ansaru. Ce groupe dissident, qui lui, est effectivement spécialisé dans les enlèvements d’expatriés.

Mais Ansaru agissait plutôt dans le nord-ouest du Nigeria, alors que Boko Haram a son fief dans le nord-est, justement, vers la frontière du Cameroun. On voit mal comment Ansaru traverserait, piétinerait les platebandes du groupe avec lequel il est en compétition, à savoir Boko Haram. Donc, cette thèse paraît assez peu probable pour l’instant.

La vraie crainte, si effectivement il s’avère que finalement cette famille n’a pas été libérée - et on attend d’avoir des informations plus précises à ce sujet (l’interview a été réalisée ce jeudi 21 février à la mi-journée, ndlr) - c’est que les groupes crapuleux, les groupes qui ont commis l’enlèvement, vont les revendre à des groupes terroristes qui vont les exfiltrer ailleurs.

Et à ce moment-là, j’invite à accorder beaucoup d’attention au délai de la revendication. Parce que plus ce délai tarde, plus ça veut dire qu’il y a des tractations entre ceux qui ont commis l’enlèvement, mais qui ne seront pas forcément ceux qui ont revendiqué l’enlèvement.

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