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Hamadi Jebali Moncef Marzouki Tunisie

Tunisie: quel Premier ministre pour affronter la crise politique?

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La Tunisie est dans l'attente d'un nouveau Premier ministre. Depuis la démission du sortant, Hamadi Jebali, le président Moncef Marzouki consulte. Les islamistes d’Ennahda, qui dominent l’Assemblée, réfléchissent au nom qu’ils pourraient proposer. D’ores et déjà, ils disent que Jebali a refusé d’être reconduit à son poste.

Juste après l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd, le Premier ministre Hamadi Jebali s'était engagé à former une équipe apolitique, une équipe de « technocrates » pour gérer le pays. Mais il a dû faire face au refus de son parti. Ennahda n'a pas voulu céder l'avantage que lui confère sa place à l'Assemblée constituante (89 sièges sur les 217). Et même si des constitutionnalistes ont tenté d'expliquer que le Premier ministre pouvait, sans en référer aux députés, procéder à un remaniement, il était politiquement impossible de passer outre l'avis du parti islamiste.

Dans un premier temps, Ennahda a proposé la formation d'un gouvernement dans lequel on trouverait à la fois des techniciens et des politiques. Mais Jebali est resté sur son plan initial. Il a donc finalement démissionné mardi et les tractations sont en cours pour la formation d'un nouveau gouvernement.

Hamadi Jebali refuse sa propre reconduction

Principale question pour l’instant, le nom du nouveau Premier ministre. D'ores et déjà, Hamadi Jebali a fait savoir qu'il ne souhaitait pas être reconduit. Dans un communiqué publié jeudi après-midi, Ennahda indique que l’ex-Premier ministre s'est excusé de ne pouvoir accepter son offre d'être le candidat du parti.

Le parti islamiste salue Hamadi Jebali et l'ensemble de son gouvernement pour « les efforts qu'ils ont fournis dans l'intérieur du pays ». Il indique qu'il « est en train de procéder à des consultations en interne... et avec ses partenaires pour présenter au président de la République le nom d'un successeur au poste de Premier ministre avant la fin de la semaine ». L'instance consultative du parti au pouvoir, ce qu'on appelle le Majlis Echoura, se réunit en principe ce jeudi soir.

Selon le porte-parole d'Ennahda, maintenant que l'hypothèse d'une reconduction d'Hamadi Jebali est écartée il y a quatre candidats au poste de Premier ministre : Ali Larayedh (le ministre de l'Intérieur du gouvernement sortant), Mohamed Ben Salem, (qui occupait le portefeuille de l'Agriculture), Noureddine Bhiri (qui était à la Justice) et Abdellatif Mekki (ex-ministre de la Santé).

Impatience de la population

La population, elle, ne cache pas son impatience. L'essentiel, pour beaucoup de Tunisiens interrogés par RFI n'est pas dans les débats politiciens, mais dans les résultats que la classe politique peut obtenir. Un institut de sondage tunisien, l'institut Emrhod qui suit la popularité des institutions de la transition, a publié des enquêtes qui rendent compte de la lassitude qui s'est installée... Le niveau de satisfaction des Tunisiens vis-à-vis de la troïka qui dirige le pays est passé d'environ 60% à environ 30% au cours de l'année 2012.

Les diplômés chômeurs, qui ont été le fer de lance de la révolution en 2010-2011 voient leur situation stagner. Le taux de chômage officiel de ces diplômés chômeurs reste sensiblement le même, deux ans après la révolution, qu'au moment où Ben Ali a été renversé. Il était de 33,2% au 4e trimestre. Les Tunisiens souhaitent des résultats. Ils attendent de voir ce que la révolution va changer dans leur quotidien. D'où le soutien que beaucoup apportaient au gouvernement de techniciens.

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