Mali - 
Article publié le : vendredi 22 février 2013 à 09:38 - Dernière modification le : vendredi 22 février 2013 à 11:25

Mali: la stratégie des jihadistes complique la sécurisation du nord du Mali

Des soldats maliens pendant les combats contre les islamistes à Gao, le 21 février 2013.
Des soldats maliens pendant les combats contre les islamistes à Gao, le 21 février 2013.
REUTERS/Joe Penney

Par RFI

Selon nos informations, des tirs ont été entendus ce vendredi 22 février. La veille, les islamistes du Mujao ont revendiqué l’explosion d’une voiture piégée à Kidal à quelques centaines de mètres du campement de l’armée française. Deux kamikazes et deux passants ont été tués, selon un notable local. C'est une nouvelle illustration de la stratégie des jihadistes dans le nord du Mali. Ils comptent multiplier les opérations de guérilla contre les militaires, comme ils l’ont fait à Gao en prenant le contrôle pendant plusieurs heures, de la mairie et de la résidence du gouverneur, dont ils n'ont été délogés qu’après de très violents combats.

Le retour des jihadistes
 

A Tombouctou, des jihadistes qui avaient fui la ville se sont rendus après avoir erré dans le désert, affamés, durant plus de trois semaines.

22/02/2013
par Nicolas Champeaux
 
 

Trois régions, trois stratégies. Entre la localité de Douentza située plus au sud et la région de Gao, les jihadistes posent ou tentent toujours de poser des mines. Conséquence : très peu de monde ose s’aventurer sur la route nationale qui relie le sud au nord.

Autre région où les jihadistes sont toujours présents : la région de Gao. Ils ont notamment trouvé refuge à une dizaine de kilomètres de Gao, dans la localité de Kadji, plus précisément sur une île. De cet endroit, ils regagnent facilement par pirogue la ville de Gao.

Un peu plus au nord, vers la localité de Bourem, les combattants islamistes sont également présents.Le porte-parole du Mujao par exemple, Walid Abou Sahraoui, envoie toujours des messages grâce à un téléphone portable, donc il n’est pas loin d’une des principales localités de la région.

Guerre asymétrique

Guérilla, embuscades, attentats… La technique de combattants des jihadistes est asymétrique. Ils viennent encore une fois de le montrer jeudi 21 février, en pleine ville de Kidal, où un véhicule a explosé.

D’autres troupes d’Aqmi, du Mujao et d’Ansar Dine sont retranchées toujours au nord-est du Mali. Pour les déloger de là, les troupes franco-africaines seront obligées de retrousser davantage leurs manches.

Journée de combats pour les islamistes

Les éléments jihadistes n'ont décidément aucun mal à s'infiltrer dans la ville de Gao, libérée par les Français et les Maliens le 26 janvier. Premier coup de force, les 8, 9 et 10 février : attentats suicides à proximité de postes de contrôle de l'armée malienne et attaques contre des bâtiments officiels.

Jeudi 21 février, presque le même scénario s'est produit : infiltration des combattants jihadistes et échanges de tirs nourris durant plusieurs heures, autour du quartier administratif.

Dans le même temps un check-point tenu par des soldats nigériens a été pris pour cible à plusieurs reprises, aux sorties nord de Gao. Dans le centre-ville, les forces françaises ont dû intervenir en soutien à l'armée malienne avec des blindés et des hélicoptères. Un missile anti-char a été tiré contre l'un des bâtiments où étaient retranchés les extrémistes.

« Des gens fanatisés »

A Paris, l'Etat-major annonce la mort de 15 jihadistes. « Nous avons affaire à des gens fanatisés », confie une source militaire qui souligne que certains combattants portaient des gilets d'explosifs qui n'ont pas été actionnés et ont été désamorcés par la suite.

Les militaires français reconnaissent que les environs de Gao permettent de se dissimuler facilement. Il s'agit d'une zone de brousse suffisamment vaste pour compliquer les opérations de ratissage. « Nous devons obtenir du renseignement pour être réellement efficaces », conclut cette source.

Un autre attentat suicide a été commis près d'un camp occupé par des Français et des Tchadiens prés de Kidal. Il y a peu de dégâts, ce qui fait dire que c'est peut-être seulement le chauffeur qui a fait sauter la bombe qu'il portait sur lui, et qu'il ne s'agissait pas d'un véhicule bourré d'explosif. En dehors du conducteur, il semble que la seule victime soit le gardien de cette enclos ou était stocké du carburant.

Les images des combats à Gao
Les combats entre militaires maliens et français et islamistes ont fait rage, jeudi 21 février à Gao.
REUTERS/Joe Penney
Un soldat malien pendant les combats à Gao.
A Malian soldier looks on during fighting with Islamists in Gao,
Un soldat malien à côté de la station-essence à feu
REUTERS/Joe Penney
Des soldats français en position à côté de la place de l'Indépendance à Gao.
REUTERS/Joe Penney
Un soldat malien en train de préparer une roquette.
REUTERS/Joe Penney
Des militaires maliens mitraillent les positions islamistes à la mairie de Gao.
REUTERS/Joe Penney
Les enfants se dépêchent de rentrer chez eux après l'école, alors que des coups de feu et des explosions retentissent à Gao.
REUTERS/Joe Penney
Un véhicule malien dans les rues de Gao.
REUTERS/Joe Penney
Un militaire malien dans la poussière après l'explosion d'une roquette.
REUTERS/Joe Penney

    tags: Ansar Dine - AQMI - Défense - France - Mali - Mujao - Terrorisme
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    "une guerre dangereuse". A

    "une guerre dangereuse". A quand les guerres sympas et non dangereuses ??

    Les seules réelles stratégies

    Les seules réelles stratégies jihadistes au Mali se sont évanouies avec les premiers bombardements français.
    Leur repli des villes du nord n'avait rien de stratégique, mais reflétait plus la seule issue militaire possible.
    De même, les attaques suicides menées ces derniers jours sont pour ces groupes jihadistes la seule possibilité d'exister aujourd'hui et à l'avenir.
    L'attaque de 40 hommes à Gao confirme bien que militairement, le Mujao et ses alliés n'ont aucun intérêt et aucune chance à rechercher un affrontement direct, qu'immanquablement ils perdront.

    Oui comme l'image le

    Oui comme l'image le démontre, c'est une guerre dangereuse.
    Nous souhaitons bonne chance à tous ceux qui sont engagés dans cette guerre pour libérer le Mali.

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