Tunisie: Ali Larayedh, ancien ministre de l'Intérieur, sera le nouveau Premier ministre

Nouveau Premier ministre tunisien, Ali Larayedh.
© AFP / FETHI BELAID

Le président Moncef Marzouki a approuvé ce vendredi 22 février la candidature d’Ali Larayedh au poste de Premier ministre. L’ancien ministre de l’Intérieur, présenté par Ennahda, succède à Hamadi Jebali qui avait démissionné le mardi 19 février. Il a désormais deux semaines pour constituer son cabinet.

C’est désormais officiel. Le président Moncef Marzouki a validé ce vendredi la candidature proposée par le parti Ennahda. Ali Larayedh, qui était jusque là ministre de l’Intérieur, va succéder à Hamadi Jebali, qui avait démissionné le mardi 19 février.

Ali Larayedh sera reçu ce vendredi après-midi à la présidence pour officialiser en bonne et due forme ce choix. Il aura ensuite quinze jours pour constituer son équipe gouvernementale et former son cabinet.

Un militant historique d'Ennahda

Ali Larayedh est un militant historique du parti islamiste Ennahda. Il avait été condamné à 15 ans de prison sous la dictature de Ben Ali, dont 10 ans qu’il a passés à l’isolement total. Il a été torturé à de nombreuses reprises pendant sa détention. Après la révolution, il avait été nommé ministre de l’Intérieur, ses anciens tortionnaires se retrouvant alors sous ses ordres.

Son bilan sécuritaire, en tant que ministre de l’Intérieur est, surtout selon l’opposition tunisienne, considéré comme très mitigé.

Ettakatol satisfait

Au sein de la troïka, la coalition qui dirigeait jusqu'ici la Tunisie, le parti Ettakatol avait soutenu ces dernières semaines le projet d'un gouvernement de techniciens avancé par Hamadi Jebali. Le parti se dit cependant satisfait de cette désignation d'Ali Larayedh comme chef du gouvernement.

Mohamed Bennour, porte-parole du parti Ettakol, juge que la désignation d’Ali Larayedh est « un bon choix ». Il le décrit comme « un homme d’équilibre, qui s’est habitué en tant que ministre de l’Intérieur, aux rouages de l’Etat ». Mohamed Benmour définit également Ali Larayedh comme « faisant partie de l’aile modérée d’Ennadha », saluant un « homme de compromis ».

Nidaa Tounès dubitatif

Le principal parti d'opposition, Nidaa Tounès, ne commente pas pour sa part le choix de Larayedh. Le parti craint simplement que l'échec du projet de gouvernement de techniciens ne conduise à la mise en place d'une équipe trop politicienne.

« On sait déjà avec quel esprit il va être formé », juge ainsi Taieb Baccouche, porte-parole de Nidaa Tounès, qui dit craindre « un gouvernement de partis, dominé par certains partis qui veulent dominer l’administration, l’Etat, la police et tout dans le pays ». Pour Taieb Baccouche, cette nomination « ne va pas du tout résoudre les problèmes », mais « au contraire, les accentuer. »

Ali Larayedh dispose de deux semaines à compter de sa nomination officielle pour former son gouvernement. Il devra ensuite obtenir la confiance de l'Assemblée constituante. Une opération qui s'annonce sans grande difficulté pour lui : Ennahda détient 89 députés sur les 217 de l'Assemblée et peut également compter sur les voix de ses alliés politiques.

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