Mali: ce que l'on sait des affrontements entre Touaregs et groupes armés à Il Khalil


©

De nouveaux combats ont éclaté, ce samedi 23 février dans la matinée, près de Tessalit dans l'extrême nord-est malien. Pour l'heure, c'est la confusion qui règne autour des faits. Un mouvement d'Arabes maliens assure avoir attaqué la localité d'Il Khalil et chassé la plupart des Touaregs du MNLA. Ces derniers démentent.

Ce qui semble avéré, c'est que les affrontements ont cessé dans l'après-midi. Pour le reste, les versions divergent. Concernant l'identité des assaillants, le Mouvement des Arabes de l'Azawad (MAA) a revendiqué l'attaque d'Il Khalil ce samedi, en accusant les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) d'avoir commis des exactions et des pillages contre les ressortissants arabes de la ville. Une ville de transit commercial important, qui permet aussi le transit de tous les trafics, comme ceux des armes et de la drogue.

Le MNLA conteste la version du MAA et affirme que ce sont des éléments du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), groupe salafiste allié d'Aqmi, qui ont mené l'attaque contre eux. A la mi-journée, le Mujao a revendiqué l'attentat à la voiture piégée commis la veille, mais il n'a fait aucune allusion aux affrontements de ce samedi.

Pour l'instant, on ne sait pas si le MAA occupe des positions autour d'Il Khalil, comme l'affirme le chargé des relations extérieures du mouvement. Ce que l'on peut confirmer en revanche, c'est que les agressseurs ont attaqué avec plusieurs dizaines de véhicules, peut-être une trentaine. En fin d'après-midi, deux convois ont été vus, l'un repartant vers l'Algérie, dont la frontière est toute proche.

Autre confirmation : l'aviation francaise est entrée en action dans l'après-midi pour tirer sur l'un des véhicules. On ne sait pas si cet unique tir visait à disperser une colonne ou au contraire à la faire fuir plus rapidement.

Ces combats se sont produit au lendemain de violents accrochages dans cette même région de Tessalit, qui ont coûté la vie à treize soldats tchadiens et causé la mort de 65 jihadistes. En marge de l'inauguration du Salon de l'agriculture à Paris, le président français François Hollande a salué ce samedi l'action de l'armée tchadienne au Mali. Selon le chef de l'Etat français, ces combats représentent « la dernière phase du processus ».

Il y a des combats très durs qui se livrent à l'extrême nord du Mali. Nos troupes sont directement engagées. Il s'agit d'un endroit qu'on appelle le massif des Ifoghas, où nous pensons que sont réfugiés, cachés, des groupes terroristes en nombre important. Nos amis tchadiens ont lancé une offensive hier, qui a été extrêmement dure, avec des pertes humaines importantes. Je veux saluer ce que font les Tchadiens.
François Hollande
10-10-2013 - Par Pierre Firtion

Alors que quinze Français sont actuellement détenus en otages en Afrique, les autorités de l'Hexagone mettent en garde la population ce samedi, contre les risques d'attentats ou d'enlèvements au Bénin. La France demande à ses ressortissants d'observer une « vigilance accrue » dans ce pays. Le Bénin doit participer à la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) à hauteur de quelque 650 hommes.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.