Mali: la vengeance, base des combats entre MNLA et Mouvement arabe de l'Azawad?

De nouveaux combats ont opposé le 23 février les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et un groupe armé à In-Khalil, localité proche de Tessalit et de la frontière algérienne dans le nord du Mali. Le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA, autonomiste) a affirmé avoir lancé une attaque contre le groupe touareg pour venger des exactions commises contre les Arabes dans la zone. Le MNLA dément, et accuse le Mujao. Selon RFI, l'aviation francaise est intervenue à In-Khalil, elle aurait ouvert le feu sur l'un des véhicules des assaillants.

Les agresseurs ont attaqué aux premières heures du jour avec plusieurs dizaines de véhicules. Le Mouvement arabe de l'Azawad qui a revendiqué l'attaque, accuse les rebelles du MNLA d'exactions et de pillages contre les arabes maliens Mohamed el Ramadan est le chargé des relations extérieures du MAA : « On affirme que ceux qui ont attaqué la localité de Khalil sont des éléments du MAA. Le Mouvement arabe de l’Azawad est victime avant tout de terrorisme. Nous, nous n’avons aucun lien avec le terrorisme ».

Les combats s'apparenteraient donc à une opération de représailles. Mais cette version est démentie par le MNLA. Selon Ibrahim ag Mohamed Assaleh ; le porte-parole de la rébellion touarègue, les assaillants étaient des « terroristes jihadistes » : « Le Mouvement arabe de l’Azawad a existé un moment puis a disparu. Sur la liste des officiers qui dirigent l’attaque, le premier est Oumar Ould Hamahra, le numéro deux du Mujao, le second Hussein Ghoulam, est chef d’état-major. A la dernière minute, l’armée française est intervenue ».

L'aviation française a effectivement détruit un véhicule des assaillants dans l'après midi
Le MAA confirme le bombardement. De son côté, le Mujao, Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, est resté silencieux sur les affrontements d'hier.

Réactions

Les affrontements se sont donc déroulés tout près de la frontière algérienne et la proximité des combats inquiète Alger. Le président Bouteflika a indiqué hier que la situation au Mali menaçait la sécurité dans son pays.

Par ailleurs, la France a mis en garde samedi contre des risques d'attentat ou d'enlèvement au Bénin, et demandé à ses ressortissants d'observer une « vigilance accrue » dans ce pays. Le Bénin doit participer à la Misma, Mission internationale de soutien au Mali, à hauteur de quelque 650 hommes.

Pertes tchadiennes

Au lendemain des affrontements entre les jihadistes et l’armée tchadienne près des grottes de l’Adrar des Ifoghas, on apprend que le nombre de militaires tchadiens tués pourrait être revu à la hausse. Un premier bilan faisait état de treize morts mais samedi après midi, un commandant de bataillon, touché pendant les affrontements est mort des suites de ses blessures.

De source militaire, on confirme aussi la mort de plusieurs officiers de haut rang dont le commandant Abdel Aziz Hassane Adam. Il était directeur-adjoint de la Direction des actions réservées à la DGSSIE, la garde présidentielle. Pas de commentaire officiellement à Ndjamena.

Dans un message rendu public samedi, le président intérimaire malien Dioncounda Traoré a exprimé à son homologue tchadien Idriss Deby Itno la « profonde affliction » et la « grande tristesse » du Mali à la suite de ces décès.