Tunisie: Ennahda prêt à renoncer aux ministères régaliens


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En Tunisie, les discussions pour un nouveau gouvernement se poursuivent. Le parti islamiste Ennahda a décidé de céder à une demande de plusieurs partis politiques : les islamistes renoncent aux ministères de souveraineté qui seront donc attribués à des personnalités non politiques.

L'annonce a été faite ce mercredi matin par le patron du parti islamiste Rached Ghannouchi sur la radio privée Kalima. Ennahda renonce à briguer les ministères de la Justice, de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense qui, il faut le préciser, était déjà aux mains d'un indépendant.

Mais cette fois, c'est dit clairement : ces quatre ministères reviendront à un technocrate, notamment l'Intérieur, ministère qui organisera les futures élections.

C'est une décision de taille, car c'était une demande de la plupart des partis politiques. Et notamment des deux alliés d'Ennahda jusque-là, le CPR et Ettakatol. Le porte-parole d'Ettakatol reste cependant prudent : « Ça ne signifie pas qu'un compromis a été trouvé », dit Mohamed Bennour. Car reste à s'accorder sur un nom consensuel pour ces quatre postes.

Vers un gouvernement mixte

Ce qui est sûr, c'est qu'on s'achemine vers un gouvernement mixte, composé de technocrates et d'hommes politiques. Plusieurs partis pourraient faire leur entrée dans le futur gouvernement, selon Rached Ghannouchi : le mouvement Wafa, formé de dissidents du CPR, le bloc parlementaire Liberté et dignité, à tendance islamiste, et l'Alliance démocratique. Ce qui signifierait la fin de la troïka qui a gouverné le pays ces derniers mois.

Le Premier ministre désigné Ali Larayedh a jusqu'au 8 mars pour présenter son gouvernement. Ce sera fait d'ici la fin de la semaine, espère le patron du parti islamiste.