Laurent Gbagbo face à la CPI: «Toute ma vie, j'ai lutté pour la démocratie»

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le 19 février 2013 à La Haye.
© Reuters / Kooren

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, soupçonné de crimes contre l'humanité commis pendant les violences post-électorales de 2010-2011, s'est exprimé ce jeudi 28 février devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI), pour la clôture de l'audience de confirmation des charges qui pèsent contre lui. Laurent Gbagbo est détenu depuis fin 2011 par la CPI.

Avec notre envoyé spécial à La Haye

C'est parce que j'ai respecté la Constitution que l'on veut me mener ici
Laurent Gbagbo
10-10-2013 - Par Cyril Bensimon

Alors que les spéculations circulaient il y a quelques mois sur son état de santé, Laurent Gbagbo est apparu en bonne forme. Il était 17 heure 50 lorsque Laurent Gbagbo a pris la parole.

Sa déclaration qui a duré 16 minutes lui a permis de revenir sur l’histoire de son pays. « Toute ma vie, j’ai lutté pour la démocratie et ça toute la Côte d’Ivoire, toute l’Afrique et toute la France politique le sait », a lancé l’ex-opposant devenu chef d’Etat déchu à la présidente de la chambre.

Selon lui, la démocratie n’est pas un concept qui doit être imposé de l’extérieur, mais une nécessité pour construire les Etats africains. Cela avant d’affirmer « la démocratie c'est le vote mais c’est aussi qui dit les résultats du vote », dans une référence à la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de 2011 au QG d’Alassane Ouattara.

Puis il a conclu  : « La démocratie, c’est le respect de la Constitution, alors si vous voulez me condamner, bon... ».

Finalement, Laurent Gbagbo semblait aujourd’hui plus à une tribune politique que dans le box des accusés. Une fois de plus, il s’est présenté comme le vainqueur de l’élection présidentielle de 2011.

« C’est celui qui n’a pas gagné qui a semé les troubles », et selon lui, c’est tout le fond de la question. Enfin, c’est à signaler, si Laurent Gbagbo s’est montré fidèle à lui-même, drôle par moment, bonhomme, il n’a pas eu un mot pour les victimes de la crise ivoirienne et ce, quelque soit leur bord.

La présidente de la chambre et les deux juges qui l’entourent ont-ils été convaincus par l’argumentation de Laurent Gbagbo et de ses défenseurs, ou bien décideront-ils d’engager un procès ? La réponse sera connue au plus tard dans trois mois.