RDC: le président du M23 destitué, dialogue de sourds à Kinshasa


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Le Mouvement du 23 mars (M23), en rébellion contre le gouvernement de la RDC depuis mai dernier a destitué, mercredi 27 février, le président de la branche politique, Jean-Marie Runiga, qu'il accuse de soutenir le général mutin Bosco Ntaganda. C'est ce que l'on a appris. Et pendant ce temps à Kinshasa, lors d’une conférence de presse, Lambert Mende, le ministre porte-parole du gouvernement, a tenu à couper court à tous les projets de dialogue national qui fleurissent en ce moment dans la classe politique congolaise.

Il faut bien qu'à un moment on amène [le sommet de ] Kampala à sa conclusion...
Raymond Tshibanda
11-10-2013 - Par Bruno Minas

A la fin de l’année dernière, à deux reprises, le président Kabila a parlé de « concertation ». L’opposition, elle, a fait évoluer le concept vers le « dialogue national ». Chacun y a apporté sa pierre et la chose a pris des proportions considérables, devenant le projet d’une grande rencontre au Congo-Brazzaville sous la médiation de Sassou-Nguesso.

De tout cela, il n’est pas question tient à affirmer le ministre porte-parole Lambert Mende. « Je rappelle qu’il s’agit de concertations. Il faut oublier le dialogue national, c’est déjà dépassé. Oublier Sun City. Nous n’irons pas à l’étranger pour régler des problèmes alors que notre peuple nous a offert un cadre institutionnel avec la Constitution ».

Le président Kabila a déjà initié des rencontres et il proposera une initiative bientôt, assure le ministre.

« Kabila est le problème »

Pour l’opposition il paraît impensable de se passer de médiateur. Selon Jean-Pierre Lisanga, leader des Fac-Opposition, « Kabila est le problème. Le problème dans notre pays c’est lui. Les élections, la révision de la Constitution… L’auteur, c’est Kabila ! Alors il ne peut pas être le problème et la solution au problème. Nous devons avoir un médiateur ».

La concertation ou le dialogue national donnent lieu pour l’heure à un dialogue de sourds.