Rumeur sur la mort d’Abou Zeid: les Français font des tests d'ADN sur un corps

Image datant du 25 décembre 2012 montrant Abou Zeid.
© Sahara Media via Reuters TV

«Pas de confirmation officielle» de la mort d'Abou Zeid, a annoncé ce vendredi 1er mars dans la matinée la porte-parole du gouvernement français. L'annonce du décès de l'un des chefs d'Aqmi «est à prendre au conditionnel», a ajouté Najat Vallaud-Belkacem, car les Français sont en train de faire des vérifications sur un corps. De son côté, le président tchadien Idriss Déby a annoncé que ce sont les soldats tchadiens qui auraient abattu Abou Zeid.

Des informations circulent. Je n'ai pas à les confirmer. Parce que nous devons aller jusqu'au bout de l'opération.

François Hollande, président de la République française
01-03-2013 - Par Valérie Gas

De bonne source, depuis le début des combats dans le massif des Ifoghas, les Français photographient systématiquement les corps des jihadistes tués au combat.

Est-ce après le violent accrochage du 22 février (25 morts côté tchadien, 93 morts côté jihadiste) ? Est-ce après les affrontements de cette semaine entre Français et jihadistes (une quarantaine de jihadistes tués, selon le ministère français de la Défense) ?

Selon une source proche des services de renseignement à Paris, les enquêteurs français ont remarqué, parmi les photos de jihadistes tués, un homme qui ressemblait à Abou Zeid. Les Français sont alors revenus sur le champ de bataille, et on fait un prélèvement ADN sur le cadavre suspect.

Puis, ce prélèvement a été envoyé dans le plus grand secret à Alger, afin que les autorités algériennes puissent faire des recoupements avec l'ADN de plusieurs membres de la famille d'Abou Zeid, de son vrai nom Mohamed Ghediri, qui est originaire de la province d'Illizi, près de la frontière libyenne.

Le quotidien algérien El Khabar précise que ces tests ADN ont été pratiqués sur deux personnes. Les vérifications ADN sont donc en cours. Et c'est la raison pour laquelle le gouvernement français dit, aujourd’hui, que la mort d'Abou Zeid « est à prendre au conditionnel ».

De durs combats

Ces derniers jours, de durs combats ont eu lieu dans le massif du Tirghaghar. C'est là, dans ce massif montagneux au nord de Kidal, que de nombreux jihadistes ont trouvé refuge, selon des sources militaires françaises.

Les soldats tchadiens qui coopérent avec les français sur ce terrain difficile assurent que plusieurs dizaines d'islamistes ont été tués.

Tests d'ADN en cours

Des échantillons de sang et des cheveux : les scientifiques n'ont besoin que de ça pour établir avec certitude si la personne tuée jeudi au Mali est bien Abou Zeid ou non. Une analyse ADN est en cours en Algérie où ces échantillons sont comparés avec d'autres appartenant à deux membres de la famille de celui qui est présenté comme l'un des chefs d'Aqmi.

Les autorités peuvent avoir une réponse assez vite, c'est une question de quelques heures seulement. Mais pour autant, cela ne veut pas dire que l'on aura une confirmation officielle ou non aussi rapidement.

Les analyses ADN sont des tests qui exigent une très haute précision et les échantillons qui ont été prélevés sur le corps d'une personne décédée, qui plus est au cours d'un assaut violent dans le désert du Sahel, peuvent être facilement dégradés ou contaminés.

Autre raison : les forces intervenant dans le nord du Mali peuvent également avoir un intérêt à retarder le plus possible une éventuelle annonce de la mort d'Abou Zeid. Laisser planer le doute peut pousser ses partisans à faire une faute qui permettrait de trouver leur cachette.

Et si jamais la personne tuée n'était pas Abou Zeid, laisser courir cette rumeur pourrait par exemple le pousser lui-même à se découvrir pour déclarer à tout le monde qu'il est bien en vie.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.