Mali: le Tchad annonce avoir tué le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar

Mokhtar Belmokhtar, dans une vidéo diffusée le 21 janvier 2013.
© Sahara Media via Reuters

Mokhtar Belmokhtar, l'un des principaux chefs d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a été tué samedi 2 mars par des soldats tchadiens dans le massif des Ifoghas, dans le nord du Mali, a annoncé le général tchadien Zakaria Goubongué. L'annonce intervient après celle, vendredi, du président tchadien Idriss Déby qui a imputé à l'armée tchadienne la mort d'un autre chef d'Aqmi, Abou Zeid, ce qui n'a pas été confirmé par Bamako, Paris ou Alger.

Le ratissage se poursuit, à la recherche des fugitifs.

Général Zakaria Goubongué
02-03-2013

« Les forces tchadiennes au Mali ont détruit totalement la principale base des jihadistes dans le massif de l'Adrar des Ifoghas, plus précisément dans la vallée d'Ametetai », samedi à 12H00 locales et GMT, affirme l'état-major tchadien, précisant que « plusieurs terroristes » ont été tués « dont le chef Mokhtar Belmokhtar ».

L'annonce intervient après celle vendredi par le président tchadien Idriss Déby de la mort d'un des principaux chefs d'al-Qaïda au Maghreb islamique, Abou Zeid. Ni la France, ni l'Algérie ou le Mali n'ont pour le moment confirmé la mort de Mokhtar Belmokhtar.

Né dans les années 1970, l'Algérien était surnommé « le borgne », mais également « Marlboro », tant il régnait sur les trafics illégaux et les prises d'otages d'Occidentaux dans le Sahara.

Mokhtar Belmokhtar est l’un des rares jihadistes du Sahel à avoir combattu en Afghanistan à la fin des années 1980, contre les troupes soviétiques. C’est là qu’il a perdu un œil au combat, et a gagné son premier surnom. Celui qu’on surnomme également « Khaled » est un guerrier. Sa spécialité : les enlèvements, les explosifs, les embuscades.

Après l’Afghanistan, l’homme s’est fait remarquer en Algérie, au sein du GIA, le Groupe islamique armé. En 2003, il participe à l’enlèvement d’une trentaine de touristes européens sur le sol algérien. Une partie de ces touristes seront libérés par la suite au nord du Mali, après le paiement d’une rançon.

Pendant quasiment dix ans, Belmokhtar apparaîtra comme le pivot d’Aqmi dans le Sahel. Mais contestant l’autorité d'Abou Zeid, son grand rival, il prend ses distances. Puis il crée, il y a quelques mois, son groupe des « Signataires par le sang ». Il frappe un grand coup sur le site gazier d'In Amenas en Algérie, après le déclenchement de l'opération française « Serval » au Mali.

Depuis lors, tous les observateurs s’accordaient à dire que la centrale d'al-Qaïda s’apprêtait à l’adouber.

Une victoire pour le Tchad?

L’armée tchadienne a mis pied dans l'Adrar des Ifoghas depuis une semaine. Elle a entamé un ratissage montagne après montagne. Après la montagne de Tigharghar, où ils indiquent avoir tué le chef jihadiste Abou Zeid et ses compagnons, les Tchadiens ont mis quelques jours à arriver dans la vallée d'Ametetai.

Ca n’avance pas vite. Il faut plusieurs heures pour parcourir quelques kilomètres, explique un haut gradé. C’est donc dans cette vallée qu’a eu lieu la deuxième bataille de la campagne malienne de l’armée tchadienne. Premier bilan donc : le chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar et plusieurs autres terroristes tués.

Une soixantaine de véhicules en bon état et du matériel électronique de guerre ont aussi été récupérés, de quoi brouiller les communications de l’ennemi. Des radios sophistiquées, des GPS, des valises satellitaires... Une deuxième victoire pour l’armée tchadienne en une semaine.

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