Explosions du 4 mars 2012 à Brazzaville, un an après


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Triste anniversaire ce lundi 4 mars 2013 à Brazzaville. Il y a tout juste un an, cinq explosions avaient retenti dans la ville, dans un dépôt d'armes à Mpila. La première explosion avait sonné tel un coup de semonce avant la deuxième, d’une telle force qu’elle avait rasé des pans entiers de maisons sur un rayon d’au moins 500 mètres. Paniqués, les habitants étaient sortis de leurs maisons, avaient été plaqués contre le sol ou propulsés de plusieurs mètres. La force de l’onde de choc avait fait vibrer les bâtiments jusqu’à Kinshasa, en RDC voisine. Le bilan officiel, contesté, fait état de 282 morts. Ce lundi 4 mars 2013 est un jour de deuil au Congo.

Brazzaville s'apprête à vivre une grande cérémonie de recueillement, en présence du président Denis Sassou Nguesso, sur le site où ont été inhumées plus de 200 personnes.

Les parents de ces victimes vont s’y rendre nombreux. Mais ils attendent toujours un procès, notamment celui des 23 militaires arrêtés dans le cadre de l'enquête. Ceux-ci ont vu leur dossier être balancer entre la chambre d’accusation, le juge d’instruction, la cour d’appel et la Cour suprême. L’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) craint que le procès à venir ne soit pas un vrai.

Délicate affaire

Selon Roch Euloge Nzobo, directeur exécutif de l’OCDH, « si le procès doit se dérouler sur la base de cette cacophonie que nous avons constatée, on a même du mal à croire que ce sera un procès juste et équitable. Moi, je pense que notre gouvernement doit prendre ses responsabilités et répondre aux attentes. Il faudrait que les véritables auteurs soient connus. Ils faudrait que ces auteurs répondent. »

« Le procès aura bel et bien lieu, selon le règlement et les lois de la justice congolaise », rétorque un avocat de l’Etat, qui a lui-même perdu sa maison dans les explosions. L’affaire est délicate. « Les avocats de la défense et autres défenseurs des droits de l’homme, qui font des déclarations, sont dans le sensationnel », a-t-il dit.

60 milliards de francs CFA

L’impact des explosions du 4 mars 2012 a été désastreux pour Brazzaville. Le quartier Mpila et les zones alentours sont ravagés. Plusieurs milliers de personnes ont été mutilées ou amputées par les projectiles des obus, et plus de 20 000 familles se sont retrouvées sans abris.

Dans l'urgence, le gouvernement avait décidé de verser 3 millions de francs CFA en soutien à chaque famille, puis de les aider à se reloger. Un an après, le ministre Gilbert Ondongo, président de la commission d'évaluation et de reconstruction, affirme que plus de 20 000 familles ont perçu les 3 millions de francs CFA, ce qui représente la bagatelle de 60 milliards au total.

Mais personne n'est sûr que cet argent n'a pas profité qu'aux victimes. Ci-dessous, les explications du ministre Gilbert Ondongo.

Le gouvernement avait décidé, à la suite du drame, de verser une allocation de soutien d'urgence à chaque famille qui se trouvait sans logement, une allocation de 3 millions. S'il y a quelques critiques qui montent, on pourrait le comprendre, parce que nous n'avions pas, à ce moment-là, un cadastre totalement réactualisé, nous avons dû faire un recensement, et comme toute œuvre humaine, sans doute il y a eu quelques imperfections.
Gilbert Ondongo
11-10-2013 - Par Boniface Vignon

Toutes les zones sinistrées de Mpila, quartier à l'est de Brazzaville, ont été dépolluées, à l’exception des deux cratères de l’épicentre dont le déminage sera bouclé le 31 mars courant.

Au 31 mars, nous libérerons le secteur 4 sur lequel nous sommes en train de travailler, nous remettrons les terres à disposition du gouvernement. Au 31 mars, nous, nous ne serons plus sur le terrain. Lorsque que nous remettrons les terres à disposition, il n'y aura plus aucun danger. C'est notre mission, et notre mandat
Le point sur la dépolution des lieux
11-10-2013 - Par Loïcia Martial