Journée internationale des droits des femmes : la lutte contre toutes les violences


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C’est le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Tout au long de la journée, Radio France Internationale (RFI) vous propose une série d'éclairages sur la condition féminine dans le monde, et notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Coup de projecteur sur les actions menées en Afrique du Sud, au Maroc, au Mali et en Arabie Saoudite, pour mettre fin à toutes les violences à l’égard des femmes, et pour obtenir et défendre leurs droits.

Des tribunaux spéciaux contre les viols

L'Afrique du Sud va rétablir les tribunaux spéciaux pour juger des affaires de viols et de violences sexuelles. Une décision prises quelques semaines après le viol collectif et le meurtre avec mutilations d’une adolescente.

Cinquante-huit tribunaux spéciaux fonctionneront dès le mois de septembre. C’est ce qu’a promis cette semaine devant le Parlement le ministre sud- africain de la Justice. Cinquante-huit tribunaux pour tenter de répondre à la violence sexuelle qui frappe l’Afrique du Sud.

Les statistiques officielles évoquent 65.000 agressions sexuelles l’an dernier. Un chiffre largement sous-estimé. La police considère qu’un cas de viol sur 36 est signalé. Et d’après une étude effectuée récemment dans la province du Gauteng, la province de Johannesburg et Pretoria, un homme sur trois aurait reconnu avoir déjà violé.

Le phénomène n’est pas récent, mais le viol collectif et la mort d’une adolescente, mutilée affreusement, le mois dernier ont, semble-t-il, déclenché une prise de conscience en Afrique du Sud : le président Jacob Zuma, qui a lui-même été jugé dans une affaire de viol, et acquitté, a lancé une grande campagne de sensibilisation. Les médias s’y sont mis : les radios du groupe Primedia Broadcasting ont décidé, il y a quelques semaines, de ponctuer leurs programmes par un bip sonore toutes les quatre minutes, dans un pays où un viol st commis en moyenne toutes les quatre minutes.

Et aujourd’hui, pour la journée de la femme, des associations, dont Amnesty International organisent dans le centre de Johannesburg une grande manifestation pour protester contre le viol au son de centaines de tambours.

La lutte contre le mariage précoce

Au Maroc, c’est une journée des femmes très spéciale. D’un côté les féministes se réjouissent car il y a peu le gouvernement a donné son feu vert pour l’abrogation d’une loi qui permettait à l’homme qui viole une femme d’échapper à la prison s'il l’épouse. En même temps, il y a aussi beaucoup d’inquiétude car le parti islamiste au pouvoir a également proposé d'abaisser l'âge de mariage des jeunes filles de 18 à 16 ans. 

Depuis 2004, et malgré l’interdiction officielle du nouveau code de la famille, de se marier avant 18 ans, les unions de mineurs n’ont cessé de grimper. En 2010, elles sont passées à 35 000 soit 5 000 de plus qu’en 2008, grâce à des dérogations de juges.

Mais c’est sur la réponse apportée aux problèmes que les députés ne sont pas d’accord. Pour les islamistes au pouvoir, c’est s’adapter à une réalité sociale. Pour les associations féministes, c’est au contraire un recul qui risque d’encourager les mariages précoces comme l’explique l’explique Fatiha Layadi, députée du parti Authenticité et modernité dans l’opposition :

« C’est d’abord un problème de mentalité. Et si nous voulons lutter contre cette mentalité qui veut que les filles soient mariées encore à peine pubères, il faut être ferme sur cette loi. Il faut maintenir l’âge du mariage à 18 ans parce que sinon on n’en sort pas. La sauvegarde de la jeune fille, c’est de la garder à l’école. C’est de lui ouvrir d’autres horizons qu’un mariage précoce, qu’une maternité précoce, qu’un divorce très probablement encore plus précoce ».

Résultat, les députés féministes comptent bien se faire entendre en ce 8 mars et tenter de convaincre la majorité au pouvoir. Car la Chambre haute a déjà dit oui au mariage dès 16 ans. Reste encore la Chambre basse. Le débat sur la question doit reprendre le mois prochain pour la nouvelle session parlementaire.

La liberté retrouvée

Au Mali, cette journée internationale des droits des femmes a bien sûr une saveur particulière dans les villes du Nord. Après dix mois d'oppression islamistes, les femmes renouent avec leur vie d'avant, à l'image d'Hawa Maïga, habitante de Gao, réfugiée à Bamako qui raconte le calvaire enduré par les femmes. 

Les femmes ne pouvaient pas sortir sans voile, sinon elles sont battues. Certaines ont même été violées par les islamistes.
Hawa Maïga
11-10-2013 - Par David Baché