Au Mali, l’opération Serval se poursuit depuis soixante jours

Des Français déployés à l'endroit où se trouvait le marché principal de Gao, détruit lors de combats entre jihadistes et forces françaises quelques jours plus tôt. Photo: 2 mars 2013.
© REUTERS/Joe Penney

11 janvier, 11 mars, cela fait tout juste deux mois que la France est entrée en guerre au Mali. Deux mois d'opération Serval, deux mois aujourd'hui lundi que les militaires français mènent la guerre aux jihadistes qui occupaient le nord du Mali depuis plusieurs mois. Une guerre menée par les soldats français avec des moyens énormes, déployés en un temps record, et qui se poursuit aujourd'hui aux cotés des armées malienne et tchadienne essentiellement.

Après deux mois d'opération, tout le nord du Mali est entré dans une logique d'industrialisation du terrorisme...

Colonel Thierry Burkhard
11-03-2013 - Par Marie-Pierre Olphand

L’opération Serval a d’abord permis de stopper la progression des jihadistes vers le sud du Mali. Ces derniers avaient pris le contrôle de la localité de Konna située au centre du pays, et quelques heures après, l’aviation française était entrée en action. Elle a brisé l’élan des jihadistes ensuite en mobilisant de grands moyens.

Les forces françaises accompagnées des éléments de l’armée malienne ont repris successivement les localités de Tombouctou et de Gao. Kidal, capitale de la troisième région administrative du nord du Mali est également tombée assez rapidement dans les mains de l’armée française, soutenue par les militaires tchadiens mais sans la présence des militaires maliens alors que les touaregs armés du MNLA étaient présents, et le sont toujours, dans la région.

Au total, en deux mois, quatre militaires français ont été tués sur le théâtre des opérations.

La France mobilise actuellement 4 000 militaires sur le sol malien. Des bases arrière, la logistique des jihadistes, ont été détruites, sans compter des centaines de combattants jihadistes tués ou blessés.

Actuellement, l’opération Serval se concentre dans la zone montagneuse du nord-est du pays, et de l’avis même du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, 70 % du travail a été fait, mais des jihadistes sont toujours sur le terrain.

La troisième phase, qui est actuellement en cours, est une phase de sécurisation du terrain reconquis mais également une phase de destruction d'éléments terroristes...

Colonel Thierry Burkhard
11-03-2013 - Par Marie-Pierre Olphand

 

L’armée française mène ses opérations depuis le camp de Tessalit

Toute la semaine dernière, le massif des Ifoghas a été le théâtre d'affrontements entre les soldats français et tchadiens contre les jihadistes. D'importantes caches d'armes ont été découvertes. L’armée française occupe depuis une quinzaine de jours le camp construit pour l’armée malienne à Tessalit. C’est de là qu’elle mène une partie des opérations sur le massif de l’Adrar des Ifoghas en commun avec les armées tchadiennes et maliennes. Reportage.

Le camp de l’armée malienne de Tessalit, occupé en ce moment par l’armée française, est situé non loin d’une piste d’atterrissage. A l’intérieur, plusieurs bâtiments en partie détruits par des frappes aériennes du temps où le Mujao l’occupait à la place de l’armée malienne. Aux angles, des miradors abritent des soldats embusqués derrière des sacs de sable, le doigt sur la gâchette. Dans la cour, quelques blindés manœuvrent. Plus loin, des hélicoptères d’attaque Tigre sont stationnés.

Arrivé à la mi-février à Tessalit, le bataillon Serval dit travailler la main dans la main avec les troupes tchadiennes. « On travaille avec les Tchadiens, affirme un capitaine français, il n’y a pas de notion Tchadiens ou Français, on est ensemble. On est ensemble depuis le début et on restera ensemble pour l’instant. »

Des soldats maliens portant les couleurs de l’armée française sont aussi présents à Tessalit. Plus loin, à une vingtaine de kilomètres de là, les forces tchadiennes qui redescendent de la montagne viennent se ravitailler en carburant auprès des Français. Les Français soignent aussi les blessés, transportent les hommes d’un point à un autre avec les hélicoptères Puma. Sur la ligne de front, ils assurent la couverture aérienne. Une petite équipe, dite de liaison, accompagne les Tchadiens qui sont au sol et vont au contact de l’ennemi.

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.