900 millions de personnes célèbrent la francophonie


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Ce samedi 16 mars, la semaine de la francophonie est lancée avec comme point d’orgue le 20 et la Journée mondiale. Une semaine pour mettre à l’honneur l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui regroupe aujourd’hui 77 Etats et fédère pas loin de 900 millions d'habitants.

Depuis sa création en 1970, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) n’a cessé son expansion. Désormais elle compte 77 membres, 57 membres associés et 20 pays observateurs. Une communauté qui regroupe près de 900 millions de personnes réparties sur les cinq continents, soit environ 13% de la population mondiale.

Un chiffre qui ne reflète pas forcément la réalité de la présence du français dans le monde. Impossible aujourd’hui de considérer qu’il s’agit là du nombre de francophones qu’on estime plutôt autour des 200 millions dont 75 millions utiliseraient le français de façon ponctuelle et aléatoire. En effet, désormais les pays qui rejoignent l’Organisation de la francophonie ne sont plus des pays francophones mais des Etats qui mènent le plus souvent une politique en faveur de l’apprentissage et de la promotion de la langue de Molière.

Cette expansion à des zones peu francophiles est l’une des menaces qui guette d’ailleurs la Francophonie. En s’ouvrant à des membres dont le français n’est pas une langue parlée dans leur pays, l’Organisation prend le risque de s’éparpiller. Sous couvert de diversité, la question de la protection du français semble passer au second plan.

Pour le secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf, il s’agit aujourd’hui plutôt de renforcer l’impact diplomatique de son organisation : « Je considère que l’équilibre du monde repose, en grande partie, sur la vitalité démocratique des organisations internationales », déclarait-il déjà il y a quelques années pour défendre le rôle de l’OIF comme acteur de paix et de démocratie.

Débat autour du Qatar

L’exemple de l’intégration du Qatar en 2012 en est l’illustration la plus flagrante. Le pays est passé directement au statut de membre associé sans avoir été membre observateur, ce qui est d’habitude la règle. Le Qatar s’en défend, expliquant qu’il compte 10% de francophones. Effectivement, on estime à 200 000 le nombre d’expatriés parlant français dans l’émirat sur une population totale de 2 millions d’habitants. Mais il semble plus probable que c’est l’influence grandissante du Qatar au sein des organisations internationales qui vaut à cet Etat cette place de choix au sein de l’OIF.

Car la perte du français dans les organisations internationales est un vrai cheval de bataille de la Francophonie. Lors des derniers JO à Londres en juillet 2012, il a beaucoup été question du peu de place laissé au français, pourtant langue officielle de l’olympisme. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. En 2006, un vade-mecum relatif à l’usage de la langue française dans les organisations internationales a été adopté. Difficile de faire face à l’anglais, devenu la langue universelle non seulement du monde des affaires mais aussi de celui de la diplomatie.

L’Afrique, avenir de la langue française

L’Afrique reste désormais la place forte du français dans le monde et l’OIF l’a bien compris. Elle tente de renforcer la pratique de la francophonie au sein des organisations interafricaines notamment au sein de l’Union africaine. Il faut dire que le continent est le plus gros bassin de francophones.

Pour preuve, la République démocratique du Congo (RDC) est le 2e pays membre de l’OIF après la France et avant l’Algérie. C'est d'ailleurs à Kinshasa qu'avait eu lieu en 2012 le dernier sommet de l'Organisation. Le français reste dynamique puisque 60% des francophones ont moins de 30 ans et au moins la moitié d’entre eux sont Africains.

La français garde toujours un certain attrait : « Avec près de 110 millions d’apprenants, la langue française est enseignée dans la quasi-totalité des pays », explique Abdou Diouf. Un constat encourageant pour l’OIF même si dans certaines régions, la défense du français est devenue une lutte. Au Québec, par exemple, le combat est quotidien pour ne pas se laisser déborder par l’anglais. Même chose dans les Caraïbes où Haïti, seul pays francophone de la Communauté de la Caraïbe, a remporté une belle victoire dernièrement puisque la Caricom a admis le français comme langue de travail.

Renforcer le français en ligne

Enfin, l’OIF n’entend pas oublier les nouvelles technologies. Pas question de laisser la toile se développer sans les francophones. Les grands médias internationaux en langue française, dont fait partie RFI, ont tous leur site internet. De son côté, la Francophonie renforce sa présence grâce aux inforoutes et la bibliothèque numérique. L’objectif est de valoriser les fonds patrimoniaux comme par exemple l’initiative « thèses en Afrique ». Chaque année près de 4 000 thèses universitaires en langue française sont soutenues en Afrique et la Francophonie tente de leur donner une visibilité sur le web.

Enfin, plus anecdotique mais qui démontre bien la volonté de l’OIF de mobiliser sur le net, à l’occasion de cette semaine de la francophonie un tournoi mondial de français est organisé sur la Toile. Des équipes seront sélectionnées sur internet pour chaque continent avant de s’affronter lors d’une grande finale en ligne le 17 avril prochain. Alors francophones de tous les pays, à vos claviers !