Mali: lueur d'espoir pour Boukary Daou, opération «presse morte» levée


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Les journalistes maliens ont décidé le 15 mars de lever leur opération « presse morte » déclenchée mardi, après la remise à la police de l'un des leurs, arrêté par les services de renseignements. Boukary Daou, directeur du quotidien Le Républicain, arrêté le 6 mars à Bamako, a été transféré à la Brigade d'investigation judiciaire (la BIJ), où notre correspondant a pu l'apercevoir. Il avait été arrêté après la publication d'une lettre ouverte de soldats combattant au Nord et protestant contre les avantages accordés au capitaine Sanogo, le chef des ex-putschistes.

A la Brigade d'investigation judiciaire de Bamako, où nous l'avons brièvement rencontré, Boukary Daou, est assis sur un banc. Il est emmitouflé dans une tenue traditionnelle. Il a l'air fatigué, très fatigué.

Devant lui, un poste téléviseur. Selon son avocat, Maître Cheick Oumar Konaré, dans les locaux de la sécurité d'Etat de Bamako où il était préalablement détenu, il a « subi des traitements physiques dégradants ».

Mais actuellement, poursuit l'avocat, Boukary Daou a le moral, et il est prêt à affronter la suite de la procédure. En principe, les choses devraient aller vite ce vendredi. Soit il est encore une fois entendu, soit il est libéré ou présenté devant la justice malienne.

Pour un autre de ses avocats, Maître Lamissa Coulibaly, qui a pu le voir mercredi, c'est un bon début.

Il est confiant. Il n'y a pas de charges contre lui.
Me Lamissa Coulibaly
11-10-2013 - Par Charlotte Idrac

Ce qui compte, dit Majan Koné, le directeur de la Maison de la presse, c'est le retour à une situation légale.

Il n'est pas inculpé. Il n'y a pas de plainte contre lui. Mais nous restons vigilants.
Makan Koné
11-10-2013 - Par Charlotte Idrac