Afrique du Sud: la police, «honte de la nation»?


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La police sud-africaine a fait la Une de l'actualité cette semaine. Le cas de Emidio Macias, le chauffeur de taxi mozambicain mort en cellule après avoir été traîné dans la rue, attaché derrière une voiture de police, a mis l'accent sur les méthodes brutale des forces de l'ordre. Et cela d'autant plus qu'un cas similaire a émergé cette semaine dans la province du Nord-Ouest.

La Une de l'hebdomadaire Mail and Guardian résume la terrible quinzaine, en termes d'image, pour la police sud-africaine : « Le ministère de la brutalité » titre ainsi le journal. Le Saturday Star, lui, déclare la police sud-africaine comme étant « la honte de la nation ».

Le parti d'opposition DA a demandé l'ouverture d'une commission d'enquête sur les méthodes de la police, avançant une poignée de chiffres qui ne disent rien de bon sur les forces de l'ordre. L'année dernière, l'organisation indépendante Ipid, la police des polices, a reçu 5 000 plaintes, allant des cas de morts en détention ou lors d'action de police, à la corruption ou des accusations de torture. Au total, 545 de ces cas sont devant la justice.

Celle-ci, sur les trois dernières années, a condamné la police à payer trente millions d'euros de dommages et intérêts suite à des plaintes de civils. En cause, disent les experts, le manque de discipline et de supervision au sein des unités, qui laisse les mains libres aux policiers véreux. Par exemple, le commandant de la station de police de Benoni, là où le chauffeur de taxi mozambicain a été tué récemment, avait pris 270 jours de congé, pour maladie et pour études, en trois ans.