Madagascar : quatre ans de crise payés au prix fort

C’était il y a quatre ans, jour pour jour. Le 17 mars 2009, le président d’alors, Marc Ravalomanana était contraint de démissionner. Il laisse son pouvoir à l’armée. Elle-même le remet à Andry Rajoelina. La communauté internationale dénonce un coup d’Etat. Cela fait donc quatre ans que la transition dure sur la Grande Ile, une crise que paie au prix fort la population : depuis 2009, la majorité des indicateurs sociaux se sont dégradés.

En moyenne, les Malgaches vivent moins bien aujourd’hui qu’il y a quatre ans. La pauvreté a augmenté de façon alarmante. Selon les Nations unies, sur la Grande Ile, quatre habitants sur cinq vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté. Cela représente plus de 16 millions de personnes : 12% de plus qu’il y a quatre ans. Corruption et insécurité se ainsi sont partout installées.

Et dans un pays, où la moitié de la population a moins de 20 ans, ce sont les enfants qui sont les plus touchés. Un quart d’entre eux ne va pas à l’école. Malnutrie, plus de la moitié a un retard de croissance. C’est un des taux les plus élevés au monde. Chez les adultes, c’est le chômage qui a fortement augmenté. Les travailleurs eux sont devenus précaires : 90% des emplois sont désormais vulnérables. Car avec le coup d’Etat de 2009, les subventions internationales ont été coupées, depuis, l’économie malgache est au point mort.

Cela fait quatre ans que la croissance est négative ou nulle, note la Banque mondiale, alors qu’elle pouvait atteindre 5% au milieu de années 2000. Un gâchis, souligne l’institution, Madagascar a d’énormes potentiels.