Grâce à la maîtrise du français, les femmes en Afrique développent le sens du commerce

Femmes travaillant dans une usine de noix de cajou au Togo.
© Josiane Faubert

Ce mercredi 20 mars 2013, c’est la Journée internationale de la francophonie. Une journée qui donnera lieu,cette année, au premier Forum mondial des femmes francophones. Plusieurs centaines de participantes sont attendues. A cette occasion, RFI s’intéresse aux différences entre hommes et femmes dans la maîtrise du français en Afrique. Les chiffres montrent un déséquilibre persistant, même si celui-ci se réduit, grâce à la progression de l’éducation des filles et à la faveur du nouveau rôle des femmes dans les sociétés. Reportages au Togo et au Burkina Faso.

Au Togo les nanas-benz, ces femmes togolaises ont marqué leur époque par les Mercedes Benz reluisantes qu’elles utilisaient. La relève s’est bien faite pour la deuxième voir la quatrième génération qui a abandonné la Benz pour les 4x4 et s'est mise aux nouvelles technologies.

Ainsi, dans le grand salon à l’étage de son établissement, Da Maguy Lawson, et 70 ans révolus aujourd’hui, est toujours coquette. Elle a pris la succession de sa mère à la tête de l’établissement Manatex, une entreprise de textile qui se transmet de mère en fille, fondée par la nana benz Manavi Sewoa Ahiankpor, fille d'un grand cultivateur et acheteur de produits, devenue importante grâce au commerce de pagnes. Elle a fait partie des femmes les plus riches du pays. 

Cela fait une quarantaine d'années que Da Maguy gère l’entreprise et pour elle les choses ont beaucoup évolué. « Ce n’est plus comme avant. Avant, la plupart de nos clientes venaient ici. Mais maintenant, avec l’évolution de la communication, on travaille par Internet, skip, iPad. Tout ce que vous voulez » raconte t-elle.

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20-03-2013

Nadou Aziablé se prépare aussi depuis vingt ans aux côtés de Da Maguy, sa mère, pour reprendre le flambeau. Le marché du tissu n’est plus le même. Le pagne qui se vendait à 2 500 francs en 1960, est vendu en 2013 à 45 000 francs. L'établissement Manatex a donc innové et propose à sa clientèle en plus du wax hollandais, un modèle de tissu pagne appelé golden VIP, une marque déposée de la société.

Mais le pouvoir d’achat n’a pas suivi, la clientèle étrangère est devenue rare. Lomé a perdu le monopole du commerce de pagne. Pour pérenniser ce busines, il faut une nouvelle stratégie de management.

« C’est une autre façon de travailler, une autre façon de voir les choses. Il faut aller vers les clients, faire de la créativité et beaucoup de marketing et d’action commerciale ».

Le marché s’est rétréci et les Chinois l’ont envahi avec les contrefaçons. Et quand vous leur demandez si elles préparent leur succession comme leurs mamans, Edwige Atayi, de la quatrième génération, n’est pas si sûre : « J’aurais bien souhaité que ça continue, mais je ne suis pas sûre qu’il y ait une cinquième génération ».

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