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Environnement

Forêts en dangers: 13 millions d’hectares disparaissent chaque année

A Madagascar, en 2008. La déforestation, causée par l’exploitation des bois précieux ou l’agriculture, fragilise la forêt tropicale de la Grande île.
© AFP PHOTO/Roberto SCHMIDT

Sur les 4 milliards d'hectares de forêts existantes, 13 millions disparaissent chaque année, pour 16 millions dans les années quatre-vingt-dix. Cette destruction touche particulièrement l’Amérique du Sud et l’Afrique, qui perdent respectivement 4 et 3,6 millions d'hectares de forêt chaque année.

Si le phénomène est en légère diminution, il reste très préoccupant. Et c'est ce constat qui est à l’origine de la journée internationale des forêts créée par les Nations unies pour mobiliser et sensibiliser sur un enjeu essentiel pour notre avenir.

Les forêts contribuent à l'équilibre de nombreux échanges naturels, que ce soit au niveau local ou au niveau planétaire. Elles sont une source vitale de biodiversité et de moyen de subsistances pour 1,6 milliard d’humains, dont près de 60 millions sont des peuples indigènes dont la survie est intiment liée à la survie de la forêt.

D'un point de vue écologique, elles stockent naturellement le carbone et participent à la régulation du climat. Elles offrent des services hydriques, en approvisionnant les réseaux d’eau. Elles fixent les sols. Elles permettent de lutter contre les érosions marines et même contre les tsunamis, comme cela a été mainte fois démontré avec le rôle de protection des côtes par les palétuviers. Elles conditionnent la pluviométrie. Bref, elles offrent de nombreux services à l'environnement et aux hommes qui y habitent.

Les forêts tropicales sont les plus fragilisées

D’où la nécessitée de trouver des réponses aux menaces globales croissantes qui pèsent sur ces écosystèmes vulnérables que sont les forêts, en particuliers sur les forêts tropicales.

La vie sur terre n’est possible que sur une fine couche à la surface du globe. Si vous aller à 400 kilomètres d’altitude, il n’y a plus de vie. Si vous allez à 400 kilomètres dans le sous-sol, il n’y a plus rien. Si nous prenons 100°C de plus ou de moins, ce qui n’est rien par rapport à ce qui ce passe dans l’univers, la vie n’est plus possible.

L’espace de vie est donc très limité. Maintenant, si vous regardez cet espace, vous observez que plus vous allez vers les pôles, et moins vous avez de vie et de variétés d’espèces. Et donc la vie la plus riche, en quantité et en diversité, se trouve concentrée sur Terre dans les dernières grandes forêts tropicales que sont le bassin amazonien, le bassin du Congo et les forêts du sud-est asiatique. Trois espaces vitaux aujourd’hui de plus en plus menacés.

Les menaces qui pèsent sur les forêts

Les menaces de destruction de ces forêts viennent principalement, directement ou indirectement, de l’activité humaine. Celle-ci engendre de nombreuses dégradations qui, à terme, se traduisent par une déforestation souvent irrémédiable. Les activités agricoles, par exemple, qui se sont développées ces cinquante dernières années dans certains pays d'Afrique de l'Ouest, comme en Côte d'Ivoire, ont certainement contribué à l'avancée du désert.

Quand vous détruisez des écosystèmes d'origine, vous pouvez toujours replanter des arbres. Vous ne retrouvez jamais le substrat d’origine. La nature se réorganisera autrement avec ce qui reste. Or, à l’heure où nous écrivons, les derniers îlots de forêt primaires qui restaient sur la planète sont en train de disparaitre à tout jamais.

On sait de plus que cette perte des forêts contribue à hauteur de 17% aux émissions globales de gaz à effet de serre. Cela pèse dans notre lutte contre le réchauffement climatique.

Les causes de la destruction

La forêt est souvent perçue comme un espace vierge à exploiter dont la mise en valeur permettra des retombées économiques importantes. Cela commence souvent avec l’exploitation des arbres, le développement d’activités minières ou agricoles. Des activités aux conséquences et aux pratiques souvent non durables, dont le bénéfice à court terme ne prend pas en compte le coût de la destruction et de ces conséquences.

Et puis il y a les activités « volontairement » criminelles. Un rapport récent du PNUE (Programme des Nations Unies pour le développement) fait avec INTERPOL estime que 50 à 90% de l’exploitation forestière est le fait d’activités illégales. Et que ce commerce criminel mondial génère de 30 à 100 milliards de dollars par ans.

Le trafic de bois illégal en est un exemple. Le commerce de certains tecks ou du bois de rose de Madagascar dévaste les dernières forêts de l’île et condamne le développement du tourisme. Il met en danger l’avenir de nombreuses espèces animales pour satisfaire le marché des nouveaux riches chinois, très demandeurs de ces bois précieux et rare pour fabriquer des meubles comme à l’époque des empereurs. C’est la même chose en Europe, et notamment en France, où le WWF estime que 40% des importations de bois Africains seraient d’origine illégale. Ce qui n’empêche pas ce bois de se retrouver transformé en bois de construction ou de mobilier et mis en vente chez de nombreuses grandes marques de distribution.

Comment préserver ce patrimoine naturel ?

De nombreuses initiatives internationales, nationales et locales, tentent de protéger les forêts et de développer des pratiques plus durables. Ce qui caractérise l’édition 2013 de cette journée internationale des forêts, c’est notamment la volonté d’agir plus rapidement.
Auparavant, les satellites permettaient de documenter la destruction avec un différé de quelques années. Aujourd’hui, de nouvelles initiatives internationales envisagent d’utiliser les satellites pour assurer une veille en temps réel sur les espaces à protéger, avec des systèmes d’intervention rapide au sol.

Le concept de « criminalité environnementale » a également progressé. INTERPOL, par exemple, dispose maintenant de services de police qui travaillent uniquement sur ces questions.

De toute évidence il y a une vraie mobilisation autour des forêts au niveau international. Mais force est de constater que les destructions s'accélèrent et que, pour l'instant, la superficie des derniers grands bassins forestiers continue de diminuer.

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