Les rebelles de la Seleka poursuivent sans relâche leur avancée vers Bangui


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Les troupes de la coalition rebelle de la Seleka semblent rapidement progresser vers la capitale, Bangui, ce samedi 23 mars à la mi-journée. Les troupes de la rébellion progressent depuis le nord du pays sur deux axes routiers menant à la capitale centrafricaine. Sur l'axe Bangui-Damara-Sibut, les rebelles affirment qu'ils sont en train de combattre les forces sud-africaines à hauteur du PK 55. Ce samedi matin, le Premier ministre Nicolas Tiangaye, a appelé une nouvelle fois la Seleka à négocier.  

En République centrafricaine, les événements sont-ils en train de s'accélérer ? Sur l'axe Bangui-Damara-Sibut, la chaussée qui conduit à la capitale, les rebelles affirment qu'ils sont en train de combattre les forces sud-africaines à hauteur du PK 55, donc à 55 km de Bangui. Une information qui n’est pas confirmée de source indépendante, mais les soldats sud-africains auraient déjà fait le coup de feu, hier, contre les éléments de la Seleka. Comme vendredi, les forces pro-Bozizé bénéficient d'un soutien aérien. Le porte-parole de la présidence, lui, affirme que les combats ont lieu bien plus en arrière par rapport à la capitale, entre Damara et Sibut.

Les rebelles et les forces armées centrafricaines reconnaissent s'être affrontés ce matin à Bossembélé, une localité sur le corridor qui mène du Cameroun à la capitale. Bossembélé est une prise stratégique car la ville abrite une poudrière et permet donc à la Seleka de se renforcer en armes et en munitions. Depuis, la coalition rebelle a poursuivi sa route. Selon un habitant de Boali joint par RFI, cette colonne a traversé la ville vers midi. Boali est à une centaine de kilomètres de Bangui. Là aussi, les deux camps donnent deux versions différentes de l'issue des combats.

Eviter un « bain de sang »

Selon nos informations, un hélicoptère Mi-24 des Forces armées centrafricaines (Faca), a touché lors des combats une position de la force d'Afrique centrale, la Fomac, tuant un civil et blessant six militaires de la sous-région.

Au sein de la force d’Afrique centrale, on ne comprend pas les raisons de ce tir mais certains officiers se demandent s’il ne s’agit pas d’un tir délibéré car la position de leurs soldats était clairement identifiée. Au sein de la présidence centrafricaine, le porte-parole assure ne pas être au courant, mais « nous ne sommes pas en guerre contre la Fomac. Si cette information est vraie, c’est qu’il s’agit vraisemblablement de dégâts collatéraux », dit-il.

Ce samedi 23 mars au matin, le Premier ministre du gouvernement d'union nationale, Nicolas Tiangaye, a appelé une nouvelle fois les rebelles à négocier. Il l'a fait par l'intermédiaire de son porte-parole : « Le Premier ministre demande à nos frères de la Seleka de se mettre en rapport avec le gouvernement d'union nationale pour trouver une solution pacifique et éviter un bain de sang », a indiqué Crépin Mboli Goumba, qui a réaffirmé « l'attachement » du gouvernement et de la communauté internationale aux accords de paix de Libreville signés le 11 janvier 2013.

Situation tendue à Bangui

Il règne une forte inquiétude dans la capitale ce samedi matin. Il y avait un peu d’animation, quelques commerces étaient ouverts et les gens circulaient dans les rues. Mais depuis, la ville a commencé à se vider. Les convois militaires sont de plus en plus visibles. Des soldats armés de lance-roquettes et de mitrailleuses circulent sur des pick-up ou des camions. Les positions autour du palais présidentiel ont été renforcées.

Par ailleurs ce matin, quelques centaines de jeunes patriotes du Comité d’organisation d’action citoyenne (Coac) ont marché dans la ville pour dénoncer l’offensive de la Seleka, le rôle de la France, de la communauté internationale ainsi que des médias internationaux.

Un ministre proche de François Bozizé ne cache pas son pessimisme. D’après lui, les combats à Bangui risquent d’éclater d’un moment à l’autre. Par ailleurs, celui-ci a indiqué que le message d’Idriss Deby annonçant le report de sa venue ainsi que celle du médiateur Denis Sassou Nguesso le 3 avril, était clair. Pour ce ministre centrafricain, c’est la preuve que les chefs d’Etat de la région ont bien lâché le président Bozizé.

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