Madagascar : trafics dans les aéroports, la gendarmerie inquiète de la corruption des personnels


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Les forces de l'ordre malgaches font partie des personnes les plus corrompues du pays. C'est le constat des autorités, qui dénoncent le manque de contrôle aux frontières. Une situation qui encourage de nombreux trafics. De la drogue, des pierres précieuses, du bois de rose ou encore des espèce menacées, comme ces centaines de tortues exportées illégalement vers la Thaïlande cette semaine.

Moyennant des billets et des complicités, tout ou presque, semble possible dans les aéroports malgaches. De bonne source, plusieurs centaines de milliers d’euros en petite coupure auraient ainsi récemment quitté la Grande Ile pour l’Asie.

Il y a aussi, entre autres, ces passagers sans visa pour l’Europe qui régulièrement réussissent à embarquer, préférant les perméables frontières malgaches à celles de leur pays, raconte le commandant de la gendarmerie à l’aéroport d’Ivato : « J’ai reçu récemment des informations concernant les ressortissants comoriens qui accèdent facilement à bord des avions de la compagnie malgache. En arrivant à destination, ils ont été interceptés par les policiers français. Cela ternit l’image de notre pays ».

D’autant que les forces de l’ordre sont mouillées, reconnaît le chef de la gendarmerie nationale. Policiers et gendarmes font partie des professions les plus corrompues du pays : « Maintenant à Ivato, ajoute-t-il, ce sont des fonctionnaires qui assurent la sûreté donc ils font ce qu’ils veulent. Mais l’important c’est de trouver une solution, de mettre en place des matériels respectant les normes exigées par l’aviation civile, et de mettre aussi en place des réformes ».

Mais ces réformes seront sans doute difficiles. Ainsi, alors qu’un scanner à bagage perfectionné avait été installé. Au bout de seulement deux semaines, il a été saboté. Depuis, les valises ne sont pas systématiquement contrôlées.