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Afrique

Elle est musulmane, il est chrétien

media

Défense d’aimer, ce court métrage de 21 minutes aborde un sujet brûlant dans l’Egypte d’aujourd’hui : le mariage mixte. Est-ce qu’une femme musulmane peut se marier avec l’homme qu’elle aime quand celui est chrétien ? Une question autobiographique et sensible, posée par la réalisatrice égyptienne May El Hossamy et projetée dans le cadre du plus grand festival de films documentaires en Europe, le Cinéma du réel, jusqu’au 1er avril au Centre Pompidou à Paris.

-         Tu fais quoi ?
-         Je filme.
-         Tu filmes quoi ?
-         Je filme ce que tu dis.
-         J’ai fini de parler… et pourquoi tu dois filmer ça ?
-         Parce que je fais un film sur ça !

Voilà, les premiers mots dans ce documentaire, échangés entre une mère et une fille. Des phrases aussi banales que le plan fixe sur une femme en gros plan et aussi trivial comme le sujet : un homme et une femme qui s’aiment. Mais, mot par mot, image par image, on s’aperçoit de la portée de l’histoire et du film.
 
L’amour impossible que May el Hossamy raconte dans Défense d’aimer se déroule en Egypte. Un pays avec 85% de musulmans et 15% de chrétiens et dans lequel sa grand-mère chrétienne s’est convertie à l’islam pour épouser son bien-aimé et faire des enfants. Aujourd’hui, c’est la petite fille qui se pose la même question, mais avec des rôles inversés. Selon le Coran, interprété en Egypte, ce que l’homme peut faire, la femme elle n’en a pas le droit, ici épouser quelqu’un d’une autre religion.
 
Pour trouver une réponse à son désir, May el Hossamy interroge d’abord sa propre mère, ensuite un ami de son père puis un imam et enfin un théologien chrétien… Le constat est simple. Se confier à la Bible ou au Coran, cela ne change pas grande chose. A chaque fois, la réponse est la même : selon la religion, leur union n’est pas possible et l’homme a la suprématie sur la femme.
 
« Réalisatrice égyptienne avec une mentalité internationale »
 
Née au Caire, en 1980, May El Hossamy se considère comme « une réalisatrice égyptienne avec une mentalité internationale ». Dans le film, la langue de sa mère bascule parfois du français à l’arabe. Sa grand-mère était française, « à la maison, on parle arabe en général, mais avec des phrases parfois en français, parfois en anglais. Quand je parle avec ma mère, je ne pense pas quelle langue je vais utiliser, cela sort tout seul ».
 
Elle était au lycée français de sa ville natale, avant d’y étudier aux Beaux-arts et de passer deux ans à l’université d’Aix-Marseille pour compléter ses études. La production franco-égyptienne Défense d’aimer est son cinquième court-métrage et sa première participation à un grand festival.
 
Tourner un film sur le mariage mixte : « c’est dangereux, parce que cette question ne s’est jamais posée. Le fait même de poser la question est un choc. Pour eux c’est clair et net que c’est impossible. Le tournage a eu lieu en juin 2012, pendant la révolution. « C’était un peu dangereux, parce qu’on a de plus en plus de fanatiques. J’ai montré le film une fois à l’institut Goethe au Caire. Après la projection, un homme barbu m’a suivi dans la rue pour me dire : " ce que vous voulez, c’est comme marier un frère ou une sœur !" ».
 
« Qu’est-ce qu’on peut faire ? »
 
Dans le film, la naïveté des questions et des plans peut surprendre, mais s’avère finalement pertinente. Le désir le plus simple et le plus honnête au monde ébranle les fondements de la religion, hélas sans pouvoir la changer. La raison est simple : « En Egypte, on hérite du nom du père et de a religion du père aussi ». Alors c’est la volonté des amoureux qui reste sur le carreau. « Qu’est-ce qu’on peut faire ? », se demande son ami. « Ou l’homme se convertit à l’islam ou on fait un mariage civil en dehors du pays et on vit un peu comme des étrangers dans son propre pays, répond May El Hossamy. Il y aura des problèmes d’identités pour les enfants ». Evidemment, la question de la fin est posée à toute la société.
 
Une société qui a beaucoup changé depuis la révolution. Avant, il y avait très peu de tournages de documentaires, aujourd’hui, de plus en plus de gens sortent pour filmer : « Depuis la révolution, on a assisté à la naissance du cinéma réel » déclare El Hossamy, et il met en même temps en garde : « D’autre part, les Egyptiens ont peur de parler, on a peur de tout. Pendant les deux mois de révolte contre la constitution en octobre et en novembre, on était dans les rues tous les jours et tous les jours on était face à la mort. En ce moment, si on veut s’exprimer en Egypte, c’est un peu dangereux. »

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Défense d’aimer, de May El Hossamy, projeté le 29 mars dans le cadre de la compétition internationale Courts métrages au Cinéma du réel au Centre Pompidou. Jusqu’au 30 avril, une large sélection des films en compétition est également disponible sur www.universcine.com
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