Soldats sud-africains tués en Centrafrique: les chiffres divergent

Les corps de 13 soldats sud-africains tués en Centrafrique ont été remis aux familles à la base aérienne de Waterkloof. Pretoria, le 28 mars 2013.
© REUTERS/Stringer

Combien l’Afrique du Sud a-t-elle perdu de soldats en Centrafrique ? Treize morts, c’est le bilan officiel des pertes humaines données par Pretoria. Un bilan mensonger, selon plusieurs sources à Bangui. Ainsi, une source qui souhaite conserver l'anonymat et qui se trouvait le 25 mars à la base des militaires français assure avoir vu plus de 50 sacs mortuaires prêts à embarquer dans un appareil de transport Hercule C130 envoyé par Pretoria.

Avec notre envoyé spécial à Bangui, Cyril Bensimon

Ils étaient venus officiellement épauler et former l’armée centrafricaine, mais les soldats sud-africains ont le plus souvent combattu seuls. Peu à peu nos informations commencent à se confirmer. Ce matin alors que le ministre sud-africain avait fait le déplacement jusqu’à Bangui, il affirmait encore que 13 soldats de son pays avaient été tués en Centrafrique. Or, d’après le général Arda Hakouma, l’officier de la Seleka qui a conduit la prise de Bangui, entre la ville de Damara et la capitale, les militaires envoyés par Pretoria ont subi le samedi 23 mars des pertes qui vont bien au-delà du chiffre officiel de 13 morts donné par Pretoria et confirmé par les autorités françaises.

« Ce qui est sûr, moi personnellement, chef d’état-major, chef des opérations, donc c’est moi qui ai dirigé le combat, j’ai vu 36 morts sud-africains et 22 blessés. Ça c’est sûr. Il y avait des prisonniers aussi, on les a remis à la Fomac (Force multinationale d'Afrique centrale). »

Selon des sources concordantes, les pertes sud-africaines se sont surtout produites lorsque ces soldats ont été pris en étau entre deux groupe de la Seleka. L’un descendant vers le sud depuis Damara et l’autre remontant vers le nord après avoir effectué un contournement depuis Boali, en passant par le PK12, c'est-à-dire à l’entrée de Bangui, pour remonter prêter main forte à leurs camarades qui venaient de subir de lourdes pertes faces aux blindés sud-africains.

Enfin, une autre source, qui souhaite conserver l’anonymat et qui se trouvait le lendemain du jour de la prise de Bangui, le lundi 25 mars à la base française, à côté de l’aéroport, a assuré avoir vu une cinquantaine de sacs mortuaires prêts à embarquer dans un Hercule C130 envoyé par Pretoria. Dans le même temps, affirme cette source, d’autres cadavres de soldats sud-africains, transportés dans des voitures, continuaient à arriver.