L'affaire du déploiement des soldats sud-africains en RCA continue de faire débat

Soldats sud-africains à Begoua, à 17 km de Bangui, le 23 mars 2013.
© REUTERS/Reuters TV

Le déploiement de soldats sud-africains en République centrafricaine n'en finit pas de défrayer la chronique en Afrique du Sud. Le bilan humain dans les rangs sud-africains est de treize morts. Il s'agit des plus lourdes pertes pour le pays depuis 1994, et, selon nos informations ce bilan pourrait être bien plus lourd. Toute le journée du jeudi 4 avril, les ministres du président Jacob Zuma ont été sur la défensive, les ministres se sont répartis les tâches pour tenter d'éteindre l'incendie.

A Pretoria, le jeudi 4 avril au matin, c'est la ministre sud-africaine des Affaires étrangères qui a été chargée d’assurer le service après-vente du mini-sommet de Ndjamena face à la presse. « Personne ne nous a contraint de rappeler nos soldats ; les chefs d'Etat d'Afrique centrale nous ont même supplié de les maintenir », a affirmé Maite Nkoana-Mashabane.

Pendant ce temps, au Cap, la ministre de la Défense s'expliquait devant les parlementaires. « Oui, nos hommes ont tiré sur des enfants soldats de la rébellion de la Seleka ; quand un enfant vous tire dessus, vous n'allez pas leur faire "coucou" et leur proposer des bonbons », a vivement déclaré Nosiviwe Mapisa-Nqakula. La ministre n'a pas su expliquer pourquoi les Sud-Africains ont été à ce point dépassés par les rebelles.

Contrats lucratifs

Nosiviwe Mapisa-Nqakula a aussi réfuté les informations de RFI, selon lesquelles au moins 36 soldats ont été tués lors des combats du 23 mars alors que le bilan humain de Pretoria est maintenu à 13 morts. Les médias sud-africains accusent également le gouvernement d'avoir déployé des forces en échange de contrats lucratifs avec des entreprises proches du parti ANC.

Là encore, la ministre a opposé un démenti catégorique. Il ne fait aucun doute que cette affaire centrafricaine porte des coups à la crédibilité de Jacob Zuma, mais les scandales semblent glisser sur le président sud-africain. Ce dernier peut toujours se vanter du soutien indéfectible de l'ANC.