Centrafrique : Michel Djotodia approuve la mise en place d'un processus de transition

Le président autoproclamé Michel Djotodia lors de sa conférence de presse, le 4 avril 2013, à Bangui.
© Photo AFP / Patrick Fort

Après les propositions entérinées au sommet des chefs d'Etat de la CEEAC, le nouvel homme fort de Bangui a approuvé la mise en place du processus de transition qui prévoit l'installation d'un Conseil national de transition. Un schéma qui ne devrait pas remettre en cause la position de Michel Djotodia.

De président autoproclamé, Michel Djotodia devrait en principe accéder au statut de président désigné. L'habillage concocté par les leaders de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) devrait permettre de donner une légalité au coup de force des rebelles de la Seleka et donc une légitimité à leur chef.

L'histoire se répète en Centrafrique. Le schéma prévu aujourd'hui ressemble beaucoup à celui qui, en 2003, avait permis à Francois Bozizé de se faire reconnaître après avoir renversé le président Patassé.

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Comme il y a dix ans, un Conseil national de transition (CNT) réunissant toutes les composantes de la société centrafricaine jouera le rôle législatif d'une Assemblée. Petit plus cette fois : il est chargé de désigner le chef de l'Etat pour une période n'allant pas au-delà de deux ans.

En théorie, le CNT pourrait donc ne pas choisir Michel Djotodia. En pratique, on voit mal comment l'ex-chef rebelle, dont plusieurs milliers d'hommes bien équipés sont à Bangui, pourrait être débarqué du fauteuil présidentiel.

Le schéma de la CEEAC conforte également le Premier ministre mais permettra-t-il à Nicolas Tiangaye d'imposer un peu plus ses choix pour former une nouvelle équipe gouvernementale ?

Dans la classe politique centrafricaine, de nombreux responsables jugent que l'actuelle répartition des portefeuilles penche trop en faveur des hommes de Djotodia et que trop de ministres manquent d'expérience et de compétences.

La voie royale de Djotodia

Personne n’ose le dire publiquement mais Michel Djotodia a désormais une voie royale devant lui pour être maintenu au pouvoir jusqu’à la fin de la transition. Le président autoproclamé devrait sauf coup de théâtre devenir le président d’une transition dont la durée pourrait osciller entre 18 et 24 mois.

Le fétichisme des dates n’étant pas en Centrafrique une valeur très répandue. Tous les interlocuteurs le concèdent, la solution dessinée à Ndjamena et qui a dû selon nos informations être âprement défendue par le Premier ministre Nicolas Tiangaye et le belge Louis Michel venu pour le compte de l’Organisation internationale de la francophonie, était la seule qui pouvait éviter au pays de basculer dans un chaos qu’il tutoie chaque jour.

Finalement l’Union africaine a mis un mouchoir sur ses principes, Jacob Zuma a avalé son chapeau et la République centrafricaine voit peut-être pointer à l’horizon des élections dans lesquelles tous les participants à la transition seront exclus. Le plus urgent n’est pas là. En redonnant un semblant de légalité au pouvoir obtenu par les armes, la Centrafrique va pouvoir revenir dans les instances internationales et surtout renouer avec les bailleurs de fonds dont elle est totalement dépendante.

Pour que cette perspective devienne réalité, il lui faudra déjà trouver très vite une sorte de consensus pour que soit formé le Conseil national de transition chargé d’élire celui qui présidera aux destinées du pays. Et là, gare à la foire d’empoigne et à la gestion des ambitions déçues.

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