Sénégal: seule la paix permettra de parachever le déminage en Casamance

Un démineur de l'ONG Handicap international au travail dans la région de Zinguinchor en mai 2011. Des centaines de personnes ont été victimes de mines en Casamance depuis le début du conflit en 1982.
© AFP/Seyllou

On célébrait jeudi 5 avril la Journée mondiale de lutte contre les mines. Cet événement avait une tonalité toute particulière en Casamance, au sud du Sénégal, où un conflit de basse intensité sévit depuis trente ans. La région compte 807 personnes tuées par des mines, parmi lesquelles figurent près de 500 civils. Le Centre national d’action anti-mines au Sénégal (la Cnams) y a entamé le déminage humanitaire depuis février 2008. D’abord avec l’appui d’Handicap international, et depuis l’été dernier, avec deux partenaires privés. Le processus a avancé, mais le Cnams se heurte à la défiance des acteurs du conflit.

Depuis l’été dernier, deux nouvelles sociétés se chargent de déminer la région sud du pays. Il s’agit de Norwegian people’s Aid, une Ong norvégienne qui jusque-là, a mené des enquêtes de terrain sur la présence des mines. Et de la société privée sud-africaine Mechem, qui opère dans le déminage.

Depuis leur arrivée, le Cnams est optimiste : les enquêtes de terrain ont permis de déclasser quelque 200 localités qui sont considérées comme viables et qui devraient donc être restituées prochainement aux populations déplacées. Au total, 603.500m² sont aujourd’hui dépollués et 322 mines ont été détruites. Seyni Diop, le chef de la division de l’éducation au risque du Cnams explique : « Nous avons une nouvelle méthodologie qui combine déminage manuel, déminage sinophile, c'est-à-dire avec les chiens, et déminage mécanique. Des progrès importants ont été effectués avec cette nouvelle méthodologie… en moins de cinq mois 218 000 m² ont pu être nettoyés.»

Mais le travail de déminage se heurte aujourd’hui aux réalités du conflit. Le mois dernier, une réunion de trois jours s’est tenue en Guinée-Bissau entre le Cnams, l’Appel de Genève et 25 combattants du front Sud du MFDC, le Mouvement des Forces démocratiques de Casamance. Le but était d’ouvrir le dialogue entre le Cnams et le MFDC. Et surtout, de présenter l’ensemble de nouveaux sites à déminer. Seulement le Cnams s’est heurté à la frilosité du mouvement indépendantiste. Pour le MFDC, « le Cnams a désormais atteint la ligne rouge au-delà de laquelle la sécurité des opérateurs ne peut être garantie »… Pour les deux parties, seul le retour de la paix permettra un déminage intégral de la région.

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