Centrafrique: des diamantaires reconnaissent avoir financé la Seleka

Des combattants de la Seleka, devant le palais présidentiel à Bangui, le 25 mars dernier.
© REUTERS/Alain Amontchi

En 1981, les diamants de Bokassa avaient sérieusement contribué à la perte de Valéry Giscard d’Estaing. Cette année, les petites pierres dont regorge le sous-sol de la République centrafricaine ont également joué leur rôle dans la chute de François Bozizé.

La rancœur peut parfois être aussi dure que le diamant. En saisissant, en 2008, les pierres et les fonds des collecteurs et des bureaux d’achat, François Bozizé s’est créé de nombreux ennemis.

Ces biens n’ont jamais été restitués. Cinq ans plus tard, Victor Kombot Naguemon, l’un des principaux acteurs du secteur, qui occupe désormais à la présidence les fonctions de ministre conseiller aux mines, ne décolère pas contre François Bozizé.

« On peut appeler cela purement et simplement du racket », accuse-t-il. « On ne peut se permettre, au nom d’un Etat, de prendre des biens qui appartiennent à autrui ! D’autant que, jusqu’à maintenant, personne ne connaît la destination des diamants et des fonds qui ont été saisis », affirme le diamantaire.

« Si l’on reproche à des opérateurs économiques de commettre des impairs, il y a une justice. Et la justice doit effectivement juger les personnes si elles ont commis des erreurs. Mais on ne peut pas, au nom d’un Etat, se comporter comme un voyou », ajoute-t-il.

Si Victor Kombot Naguemon assure n’avoir jamais versé de subsides à la Seleka, d’autres acteurs du secteur affirment sans détour avoir financé les activités de l’ex-rébellion. Certains confessent même avoir été chargés d’aller revendre au Soudan les pierres collectées en Centrafrique.

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