Afrique du Sud: querelle familiale autour du patrimoine de Nelson Mandela

Nelson Mandela, en juin 2010.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko/Files

Le patrimoine de l’ex-président sud-africain et prix Nobel de la paix, Nelson Mandela, fait débat. Deux de ses filles contestent la nomination du ministre du Logement, Tokyo Sexwale, celle de George Bizos, ami de longue date du héros de la lutte anti-apartheid, ainsi que celle d’un avocat, au conseil d’administration de fonds d’investissements liés à Mandela. Elles demandent qu’ils soient écartés de la direction. Une initiative critiquée par d’autres membres de la famille.

La querelle familiale porte sur la gestion de deux fonds d’investissements de Nelson Mandela estimés à environ 1,7 million de dollars. Les trois accusés affirment avoir été nommés par Nelson Mandela lui-même. Cependant, les deux filles de l’ex-président sud-africain – Makaziwe et Zenani – affirment que ces trois personnes n’ont jamais été nommées au conseil d’administration ni désignées comme actionnaires.

Elles les accusent d’être entrés en force au conseil d’administration et souhaitent que ces trois hommes soient empêchés de siéger en tant qu’administrateurs des fonds « Harmonieux Investment Holdings » et « Magnifique Investment Holdings ». Les fonds en question ne représentent qu’une partie de l’héritage de l’icône mondiale de la sagesse. Ils ont été créés en 2004 pour gérer les revenus de la vente de « la main de Nelson Mandela » - l’empreinte de sa main est devenue une image iconique – utilisée comme un logo, représentant Mandela lui-même.

Contre-attaque de George Bizos

George Bizos – avocat réputé, spécialisé dans la défense des droits de l’homme – est un ami de longue date du héros de la lutte anti-apartheid. Il avait défendu Mandela lors de son procès pour trahison, dans les années 60. C’est grâce à lui que Mandela avait échappé à la peine de mort en 1964.

George Bizos a décidé de contre-attaquer en justice. Il assure qu'il a bien été désigné par Nelson Mandela lui-même pour administrer, bénévolement, ses fonds, en 2004. Et cela à la suite d’une dispute entre Nelson Mandela et l'avocat Ismail Ayob qui avait mis sur pied les fonds d'investissement. Ce dernier est de nouveau à la manœuvre puisque c'est lui qui représente les deux filles de Mandela.

Une dispute qui scandalise

La dispute autour de ces avoirs a scandalisé en Afrique du Sud – pays qui voue un véritable culte au vieil homme de 94 ans. Cette initiative des deux filles de Mandela ne plait pas non plus à tout le monde dans le clan de « Madiba », comme l’appellent les Sud-Africains. Son petit-fils Mandla, qui est député du Congrès national africain (ANC), s'est désolidarisé de leur initiative. Cité dans le quotidien The Times, il regrette que Makaziwe et Zenani s'en prennent à de vieux compagnons de son grand-père. « Il est crucial que nous n'entreprenions rien qui puisse attenter à la dignité de mon grand-père », a déclaré Mandla Mandela.

Depuis le milieu des années 2000, Nelson Mandela n’a fait aucun commentaire sur la vie publique ou politique de son pays. Agé de 94 ans, il est désormais très affaibli. Il vient de passer dix jours à l’hôpital où il a été soigné pour une pneumonie.
 

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