Mali: le maire de Tarkint arrêté pour trafic de drogue


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Au Mali, le maire de Tarkint, une localité de la région de Gao, a été arrêté mercredi 10 avril par l'armée malienne. Baba Ould Cheikh était sous le coup d'un mandat d'arrêt lancé il y a deux mois par les autorités de Bamako pour trafic de cocaïne.

D'après le bureau de presse de l'armée malienne, Baba Ould Cheikh a été arrêté mercredi par des éléments de l'armée malienne à Almoustarat, un campement proche de Tarkint. Plusieurs personnes ont été arrêtées en même temps que lui. Selon cette même source du ministère de la Défense, Baba Ould Cheikh doit maintenant être remis à la justice à Bamako.

Un mandat d'arrêt a été lancé contre lui en février dernier. Avec d'autres personnalités maliennes, il est soupçonné de trafic de drogue. Son nom est notamment associé à l'avion d'« Air Cocaïne », du nom de ce Boeing 727 qui a atterri en 2009 en plein désert dans la région de Bourem avec à son bord un chargement de cocaïne en provenance d'Amérique Latine.

Baba Ould Cheikh, 45 ans, est une personnalité complexe et incontournable dans la région de Gao. Membre éminent de la communauté arabe du Telemsi, ce riche commerçant a fait fortune dans le transport et le bâtiment.

Un personnage influent

Très influent, Baba Ould Cheikh s'est également fait connaitre comme médiateur dans la libération d'otages, d'abord en 2004 aux côtés de Iyad Ag Ghali à propos d'Allemands et d'Autrichiens enlevés en Algérie par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Puis en 2009 dans la libération du Français Pierre Camatte. Il reconnait avoir reçu d'importantes commissions en échange de ces libérations.

Beaucoup accusent Baba Ould Cheikh d'être un parrain local du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) avec d'autres Arabes du Telemsi, eux aussi impliqués dans le narcotrafic. Selon nos informations, l'armée malienne aurait arrêté mercredi d'autres membres de ce réseau.

Joints ce jeudi matin, des proches de Baba Ould Cheikh démentent son arrestation et assurent qu'il s'est rendu de lui-même à l'armée qui venait de procéder à l'arrestation de plusieurs de ses administrés.