Madagascar: Lalao Ravalomanana candidate, une stratégie à quitte ou double

Lalao Ravalomanana a toujours été aux côtés de l’ancien président Marc Ravalomanana. Ici à Pretoria, en 2009.
© (Photo : Reuters)

Marc Ravalomana et les leaders de son parti politique ont décidé, dimanche, que Lalao Ravalomanana serait leur candidate à l’élection présidentielle prévue pour juillet et septembre prochain. Pourtant, l’ancienne première dame ne remplit pas les conditions requises par la loi électorale pour se présenter. C’est donc un choix risqué qu’a fait l’ex-chef d’Etat, mais c'est un choix tactique : sa femme a de nombreux atouts. Et l'élection n'est pas à l'abri d'un report.

Si Lalao a un atout, c’est bien Ravalomanana. Ce nom, à Madagascar, tout le monde le connaît. De quoi compenser quatre ans d’absence du pays et un éventuel démarrage tardif d’une campagne électorale. D’autant que l’ancienne première dame est ici bien moins polémique que son mari.

Celle que beaucoup de Malgaches continuent de surnommer « Neny » (« Maman» ) est surtout connue pour ses œuvres caritatives et religieuses. Elle n’a jamais occupé de poste politique. Pourtant, Lalao Ravalomanana a toujours été aux côtés de l’ancien président. Avec lui, elle a fondé Tiko, un géant de l’agroalimentaire. Elle en prendra la tête avant leur exil en 2009.

La nommer candidate, c’est donc l’assurance d’une fidélité pour Marc Ravalomanana, la promesse qu’il ne sera pas trahi. Lalao sera sa marionnette, prédisent même certains analystes.

Mais ce choix est bien à quitte ou double pour l’ancien chef d’Etat. Son épouse n’est rentrée qu’il y a un mois sur la Grande île, loin des six mois requis par la loi pour être candidat.

Des possibilités de report du scrutin

Sans accord politique ou report du scrutin, le clan Ravalomanana ne pourra donc pas espérer revenir au pouvoir. Et rien n'est perdu pour l'épouse de l'ancien président malgache puisqu'un report du scrutin présidentiel est évoqué. Ce qui permettrait à Lalao Ravalomanana de valider les six mois de résidence, et laisserait aussi le temps à Marc Ravalomanana de remettre sa mouvance en ordre de bataille et éventuellement de changer de joker.

Les trois autres principales mouvances politiques ne sont pas opposées non plus à un report. Andry Rajoelina, l'actuel président de la transition, pourrait mettre à profit ce délai pour rassembler son camp atomisé par des candidatures multiples. Du temps supplémentaire, les deux plus anciens sur l'échiquier, Albert Zaff et Didier Ratsiraka en auront aussi besoin pour s'organiser.

Cette question du report des élections devrait être débattue dès jeudi prochain lors de la phase préparatoire du dialogue intermalgache. Présidé par le conseil des Eglises chrétiennes de Madagascar, il se déroulera pendant trois jours d'ici la fin du mois. Un dialogue sans tabou qui pourrait rebattre les cartes, affirme un representant des « forces vives ».

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