Un chef d’entreprise enlevé à Madagascar, les ravisseurs affirment s’être trompés

François Raphaël est à la tête d’Henri Fraise, une importante société de vente et de location d’engins de chantiers.
© AFP/Roberto Schmidt

François Raphaël a été kidnappé lundi soir alors qu'il rentrait chez lui en voiture avec son chauffeur, dans la banlieue d'Antananarive. Les ravisseurs affirment aujourd’hui avoir fait erreur sur la personne, mais réclament tout de même une rançon de 240 000 euros.

« Nous nous sommes trompés de cible », voilà ce qu’ont déclaré les ravisseurs à la femme de leur otage. C’est le PDG de l'entreprise, et non son directeur qu’ils cherchaient à enlever. « Nous nous excusons, mais maintenant, nous ne pouvons pas reculer », continuent-ils.

Ils persistent donc : sans argent, ils ne libèreront pas leur otage. Une rançon dont le montant reste flou, selon les sources au sein des forces de l’ordre : entre 75 000 et 240 000 euros auraient été réclamés. « Tout cela nous semble être le reflet un certain amateurisme » commente le patron de la brigade criminelle. Les ravisseurs n’ont pas encore été identifiés, mais ce qui est sûr, c’est que François Raphaël « est toujours en vie », a déclaré le patron de la brigade criminelle.

Des ravisseurs déterminés

Ce sont pourtant des ravisseurs déterminés et lourdement armés qui ont agit. C’est à quelques centaines de mètres de chez lui que François Raphaël a été enlevé, lundi 16 avril.

Il est entre 19h30 et 20h, lundi soir, quand le 4x4 de ce chef d’entreprise emprunte la ruelle en terre qui le mène jusqu’à son domicile. Cinq personnes, lourdement armées, bloquent alors sa voiture et montent à bord.

Quelques kilomètres plus loin, ils abandonnent le véhicule, emmènent le Français dans une direction inconnue et libèrent son chauffeur. Celui-ci donne immédiatement l’alerte.
Ce n’est qu’hier, mardi, que les ravisseurs, dont on ne connaît pas l’identité, prennent contact avec la femme de leur otage.

Agé d’une quarantaine d’années, François Raphaël serait arrivé il y a environ un an sur la Grande île pour prendre la tête d’Henri Fraise, une importante société de vente et de location d’engins de chantiers.

Si, depuis le début de la crise en 2009, les enlèvements de riches « karana », les membres de la communauté indo-pakistanaise, sont fréquents à Madagascar, ceux de Français expatriés sont rarissimes. « Cela fait au moins quatre ans que nous n’avions pas vu ça », confie une source à l’ambassade de France.