La France rassure ses partenaires européens et promet d’atteindre la stabilité budgétaire

Pierre Moscovici, le 27 mars dernier au ministère des Finances, lors de l’annonce des nouvelles recettes fiscales attendues par Bercy en 2013.
© REUTERS/Charles Platiau

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s’attaque à l’équilibre budgétaire de la France. Le programme de stabilité, dévoilé le 17 avril devant le Conseil des ministres, prévoit de ramener le déficit public sous la barre symbolique des 3% d’ici 2014. La Chancelière allemande, Angela Merkel, souhaite le succès de la France dans les réformes engagées.

Eviter à la France un dérapage de sa dette extérieure, alors que la croissance est au point mort. Voilà l’équation que doit résoudre le gouvernement français. Il fonde sa feuille de route sur des prévisions de croissance pour 2013 et 2014 jugées trop optimistes par le Fonds monétaire international (FMI) et le Haut conseil des finances, qui s’attendent tous deux à un recul du PIB de la France en 2013.

Qu’à cela ne tienne, le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, persiste et signe : le gouvernement tiendra son calendrier pour ramener les comptes à l’équilibre.

« La politique que suit la France est une politique sérieuse. C’est une politique qui veut réduire les déficits parce qu’il est important de désendetter le pays. Pour la crédibilité de la France, il est majeur de continuer à pouvoir emprunter à des taux d’intérêt faibles. Mais en même temps, non, nous ne voulons pas d’austérité », a martelé Pierre Moscovici à la sortie du Conseil des ministres.

Paris maintient le cap

Revenir à un équilibre structurel à l’horizon 2017, voilà qui a le mérite d’être clair. Il n’y aura pas d’effort budgétaire supplémentaire cette année, hormis celui de plus de 30 milliards d’euros prévus dans la loi de Finances, assure le ministre de l’Economie dans une interview publiée dans le journal Le Monde.

En revanche, il faut s’attendre à une augmentation des prélèvements obligatoires de l’ordre de 6 milliards d’euros à compter de l’an prochain. Un tiers de cette somme proviendrait de hausse d’impôts. Les deux autres tiers devront venir d’économie. Dans la ligne de mire du gouvernement, entre autres, des niches fiscales improductives et la fraude fiscale. Les collectivités locales sont aussi mises à contribution et verront leurs dotations diminuer de 1,5 milliard d’euros.

Les nouveaux engagements de la France

La France veut rassurer ses partenaires européens. Elle tiendra ses engagements, mais demande plus de temps à la Commission européenne. Le déficit public doit être ramené de 4,8% en 2012 à 3,7% du PIB fin 2013. C’est loin de la cible initiale de 3%, plafond fixé par les traités européens, mais aussi par l’engagement formel pris par la France en 2010.

« Ce n’est pas une grande nouvelle », a remarqué Angela Merkel, interrogée à ce sujet lors d’une conférence de presse à Berlin. « Nous souhaitons le succès à la France, car la France est importante pour la zone euro dans son ensemble, et nous accompagnerons avec bienveillance les réformes engagées ou en cours », tient-elle à rappeler.

Les nouveaux engagements de la France seront analysés par la Commission européenne. Elle fera connaître le 3 mai prochain ses propres prévisions économiques sur les niveaux de déficit, de dette et sur la croissance. C’est à la lumière de ces données qu’elle rendra son avis fin mai, dans le cadre de recommandations faites à tous les Etats membres de l’Union européenne.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.