Madagascar: début du dialogue national pour trouver une issue à la crise

L'ancien président malgache Didier Ratsiraka.
© Grant Lee Neuenburg / Reuters

Le dialogue malgacho-malgache s'ouvre ce jeudi 18 avril et c'est le FFKM (Conseil oecuménique des églises chrétiennes de Madagascar) qui reprend du service.180 entités et partis politiques devraient participer aux assises. Les signataires de la feuille de route pour la sortie de crise, les forces vives de la nation ainsi que les acteurs de la vie politique malgache. La méthodologie qu'utilise le FFKM avec à sa tête Mgr Odon Razanakolona est complexe, mais les résultats devraient aboutir à l'adoption d'un document consensuel.

La tâche du Conseil oecuménique des églises chrétiennes de Madagascar ne s'annonce pas aisée car les uns et les autres ont déjà leur petite idée bien tranchée. Le camp Ravalomanana assure que si la feuille de route n’est pas appliquée dans son intégralité et que son leader demeure en exil, sa mouvance boycottera les présidentielles.

D'ores et déjà, Didier Ratsiraka jubile : il veut croire à la concrétisation de son « projet de sommet à quatre dans la capitale » sous l’égide du FFKM. Quant à la mouvance Albert Zafy, elle réclame depuis plusieurs mois la tenue d’un référendum constitutionnel.

Des revendications qu'accueille sereinement Mgr Odon Razanakolona car, en plus des 150 propositions de sortie de crise déjà collectées, il continue d'enregistrer diverses contributions.

Après un exposé dans la capitale, ce sera au tour des 33 régions FFKM du pays de se prononcer avant qu'une synthèse ne soit dégagée, après trois jours de débat dans la capitale. Enfin, le document définitif servira de balise pour les acteurs politiques. Une médiation qui devrait permettre de trouver enfin une issue définitive à la crise dans laquelle la Grande île est plongée depuis 2009.

Le FFKM une nouvelle fois en médiateur

« Foi, confession et pardon », le FFKM ne cesse de le prêcher, c’est pour lui la recette de la sortie de crise. Mais derrière le discours religieux, c’est aussi une instance politique, impliquée depuis trente ans dans les crises, qui reprend la main.

Un conseil dans lequel cohabite aujourd’hui le chef de l’Eglise protestante, proche de Marc Ravalomanana, et celui de l’Eglise catholique, soutien d’Andry Rajoelina. Des engagements qui, ces deux dernières années, ont bloqué le FFKM. Alors que certains l’en priaient, il n’avait jusqu’alors su prendre la tête d’une médiation.

Mais avec, entre autres, l’affaiblissement du camp du président de la transition et la volonté de candidature de Lalao Ravalomanana, les intérêts et les rapports de force ont changé. C’est donc un nouveau 31 octobre 1991 que souhaite rééditer le FFKM. Ce jour où, sous son égide et après une concertation nationale, le président Didier Ratsiraka et l’opposition, s’étaient accordés pour mettre en place une transition. 22 ans plus tard, une médiation réussie permettrait aux Eglises chrétiennes de restaurer leur image et de reconquérir leur autorité morale.

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