En Guinée, l’opposition relance les manifestations

Said Djinit, le représentant de l'ONU en Afrique de L'Ouest.
© AFP / SIMON MAINA

Après les marches du début du mois de février qui s'étaient soldées par neuf victimes, l'opposition relance les manifestations à Conakry et sur l'ensemble du territoire, ce jeudi 18 avril. Le dialogue politique entre le gouvernement et l'opposition n'aura finalement pas réellement démarré. Entre-temps, le président Alpha Condé a convoqué le corps électoral pour le 30 juin. Comme il y a six semaines, ce sont toujours les conditions d'organisation des législatives, désormais prévues à cette date, qui sont en cause.

C'est un sentiment de déjà vu qui prévaut à Conakry où règne depuis 24 heures une certaine tension. L'opposition marche ce jeudi 18 avril pour dénoncer l'attitude du gouvernement, l'absence de dialogue et les conditions d'organisation des prochaines législatives. L'itinéraire de la marche a fait l'objet des habituelles tractations entre les autorités et les organisateurs, sans qu'un compromis ne soit trouvé, tandis que les forces de l'ordre sont depuis hier déployées en nombre sur certains axes de la capitale où les jeunes manifestent contre les coupures de courant.

Les promesses de dialogue politique exprimées début mars ont fait long feu. Après avoir débattu durant un mois des conditions d'organisation du dialogue, la classe politique avait fini par trouver un médiateur international en la personne de Said Djinit, le représentant de l'ONU en Afrique de L'Ouest. Mais le décret convoquant les électeurs aux urnes pour le 30 juin, signé le 13 avril dernier par le président Condé, a provoqué la colère des opposants.

Renouer le fil du dialogue

Pour ces derniers, ce décret aurait du être l'aboutissement d'un processus et non son début. Le médiateur Said Djinit est rentré à Dakar après avoir en vain demandé à l'opposition de renoncer à ses marches. Il n’a pas pour autant jeté l’éponge et étudie la possibilité de renouer prochainement le fil du dialogue.

Dans un communiqué, le gouvernement dit respecter la décision de l'opposition d'organiser cette marche, tout en affirmant qu'il n'acceptera aucun acte de violence d’où qu’il vienne, et quels qu’en soient les motifs. Le gouvernement ne cédera à aucun chantage et ne tolérera aucun acte illégal, ajoute ce communiqué.