Tchad: une réunion des pays d'Afrique centrale sur la Centrafrique sans Michel Djotodia

Le nouveau président Michel Djotodia (G) sera absent du sommet à Ndjamena. C'est son Premier ministre, Nicolas Tiangaye, qui le représentera.
© REUTERS/Alain Amontchi

Un sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) sur la République centrafricaine doit se tenir ce jeudi 18 avril à Ndjamena au Tchad. Il s'agit de faire le point sur la feuille de route de la transition définie par la CEEAC après le coup d'Etat de la Seleka. Mais le nouveau président Michel Djotodia n'y participera pas.

Il n'est pas - ou pas encore - considéré comme l'un des leurs. Les chefs d'Etat de la CEAAC n'ont pas convié Michel Djotodia à Ndjamena. « Il n'a pas été jugé opportun de l'inviter pour évaluer les étapes de la transition, alors qu'il est lui-même un élément de la transition », avance une source gouvernementale.

Autre explication : Jacob Zuma sera, lui, bien présent à Ndjamena. Or le président sud-africain, dernier soutien du chef de l'Etat renversé François Bozizé, s'est jusqu'ici opposé à une reconnaissance des nouvelles autorités de Bangui.

La sécurité au coeur des débats

C'est donc Nicolas Tiangaye, le Premier ministre centrafricain, qui a fait le déplacement. C'est lui déjà qui représentait son pays lors du dernier sommet début avril. C'est donc lui qui fera le point sur les réponses apportées aux recommandations des dirigeants de la région.

Et selon un ministre, il y a de quoi être satisfait : « Ce que la CEEAC a demandé, nous l'avons fait », dit-il. Un Conseil national de transition a été créé. Michel Djotodia a été élu président. Mais la sécurité reste un des grands défis à relever. La question, même si elle n'est pas à l'ordre du jour, sera sans doute au coeur des débats. Les autorités centrafricaines ont demandé à la Fomac, la force d'Afrique centrale, 1 000 hommes supplémentaires pour sécuriser Bangui. D'après nos informations, elles pourraient en obtenir la moitié.

Le Tchad veut assurer ses arrières

Personne n'ignore aujourd'hui le rôle joué par Ndjamena dans la prise de Bangui. Et c'est ce qu'il faut en partie faire oublier pour ne pas porter seul la responsabilité de ce qui pourrait advenir.

Le faire oublier surtout aux détracteurs de Michel Djotodia : le Sud-Africain Jacob Zuma qui a finalement accepté de faire à nouveau le déplacement au Tchad. L'Union africaine qui maintient ses sanctions contre les leaders de la Seleka. Et puis la France qui, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a clairement fait savoir son point de vue hier, mercredi. Michel Djotodia n'est pas légitimement reconnu, a dit Laurent Fabius devant l'Assemblée nationale française.

Et ce n'est donc pas un hasard si Nicolas Tiangaye, le Premier ministre, représentera son pays lors de ce sommet. Même s'il est accompagné du président du nouveau Conseil national de transition (CNT), un proche de Michel Djotodia.

L'ambition du Tchad, c'est d'obtenir une feuille de route consensuelle pour la transition à venir. Une déclaration de Ndjamena avant même le sommet. Mercredi soir encore, Tchadiens et Centrafricains y travaillaient d'arrache-pied. Une feuille de route et aussi des garanties pour obtenir la caution de la communauté internationale.

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