Sommet de la CEEAC sur la Centrafrique: Nicolas Tiangaye conforté, la Fomac étoffée

Le Premier ministre Nicolas Tiangaye à Bangui le 27 mars 2013.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Les dirigeants d'Afrique centrale réunis en sommet à Ndjamena ont promis jeudi 18 avril de porter à 2 000 hommes une force régionale chargée de mettre fin à l'anarchie qui prévaut en Centrafrique depuis l'arrivée au pouvoir des rebelles de la Seleka le mois dernier. Aucun calendrier n'a toutefois été fixé pour ce déploiement qui équivaudrait à un quadruplement des effectifs de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) déjà sur place, mais qui n'ont pas réussi à éviter les violences et les pillages à Bangui. La position du Premier ministre centrafricain est, elle, renforcée.

Un constat a l'issue du sommet : le Premier ministre renforce sa position. Les chefs d'Etat ont pris acte de l'élection de Michel Djotodia par le Conseil national de transition, mais ont dans le même temps décidé de renforcer les pouvoirs de Nicolas Tiangaye qui ne pourra pas être par exemple révoqué pendant les 18 mois de transition. Le CNT devra être également élargi. Il doit passer de 105 à135 membres pour satisfaire l'opposition et la société civile qui jugeaient ne pas être assez représentées.

La Force multinationale d'Afrique centrale sera également renforcée avec 1 500 soldats supplémentaires, preuve que l'on doute des capacités du nouveau numéro un centrafricain à ramener l'ordre dans les rangs de la Seleka, la rébellion qui l'a amené au pouvoir. Les chefs d'Etat d'Afrique centrale souhaitent que la Fomac passe rapidement sous mandat du Conseil de sécurité de l'ONU, ce qui facilitera son financement.

Selon les informations recueillies par RFI, Jacob Zuma qui était à nouveau présent à Ndjamena, a proposé de fournir des troupes. Le président sud-africain, dont les soldats ont été défaits à Bangui par la Seleka de Michel Djotodia, veut manifestement les faire revenir par la grande porte. En attendant, un groupe de contact a été créé par la CEEAC pour mobiliser des fonds. Il se réunira le 3 mai à Brazzaville, chez le médiateur congolais.

« Pas un seul sou dans la caisse »

Pour que les mesures annoncées au sommet de la CEEAC soient effectives et permettent à la transition en Centrafrique une sortie de crise, il est necessaire que les partenaires apportent assez rapidement leur contribution. Le président tchadien Idriss Déby témoigne d’un manque criant de finances : « Cet organe de transition n’a pas un seul sou dans la caisse, même pour fonctionner (…). Il est important que les partenaires et pays amis apportent le plus rapidement possible leur contribution financière pour permettre aux organes de la transition de remplir (leur) mission ».

Crépin Mboli Gouma est le porte-parole du gouvernement centrafricain. Il dit sa satisfaction pour les décisions prises lors de ce sommet : « Le groupe de contact permettra notamment de mobiliser les ressources nécessaires à la remise à l’endroit de l’administration et de l’Etat centrafricain sur toute l’étendue du territoire national ».

 « Un grand recul démocratique »

Pour Levi Yakete, porte-parole de François Bozizé, l'appréciation des conclusions du sommet de Ndjamena est autre. « Nous attendions du sommet de Ndjamena un sursaut pour réparer véritablement le tort qui est causé aujourd’hui au peuple centrafricain, déplore ce dernier. Malheureusement, on a, à travers la décision de Ndjamena, validé l’imposture, validé un pouvoir conquis par des bandits. C’est un précédent dangereux ! c’est un grand recul démocratique ! (…) Nous demandons à ce que l’Union africaine ne puisse pas se reconnaître dans la décision qui est sortie du sommet de Ndjamena », a-t-il ajouté. 

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