Libération de la famille Moulin-Fournier: y a-t-il eu des contreparties?


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La famille Moulin-Fournier enlevée au Cameroun est rentrée en France ce samedi 20 avril après deux mois de captivité au Nigeria. François Hollande, tout comme Tanguy Moulin-Fournier, a remercié le président Paul Biya pour son aide. Les autorités camerounaises ont en effet beaucoup travaillé à leur libération. Reste à savoir quelles contreparties ont été accordées aux ravisseurs.

De sources concordantes, il y a bien eu échange de prisonniers et le Cameroun a bien remis à Boko Haram de présumés membres de la secte islamiste incarcérés dans le pays.

Les conditions de détention des ex-otages français
11-10-2013 - Par Marie-Pierre Olphand

Les chiffres exacts divergnent selon les sources. Entre dix et douze personnes auraient ainsi été échangées dans la nuit de jeudi à vendredi contre les otages français. Comment cela s’est-il passé ? Un peu comme dans les films, a expliqué une source proche du dossier, faisant référence aux échanges en pleine nuit de deux groupes d’otages. Des sources qui précisent que c’est l’un des rares moments où la famille Moulin-Fournier a été séparée.

Il n’y a donc pas eu d’opération coup de poing ou de passage en force, mais bien un échange, fruit de négociations menées par Yaoundé avec l’aval de Paris qui a suivi tout cela de très près.

Aucune certitude, en revanche, sur un éventuel versement de rançon. Une bonne source affirme, en tout cas, « que tout le monde avait le carnet de chèques à la main durant ces négociations ». Paris nie catégoriquement le versement d'argent aux ravisseurs, mais il n’est pas dit que Yaoundé ou surtout GDF-Suez, l’entreprise qui emploie Tanguy Moulin-Fournier, n’ait pas mis la main à la poche dans cette affaire.

Bandits et terroristes main dans la main

Depuis la libération des otages ce vendredi les langues se délient peu à peu, confirmant certaines pistes évoquées depuis deux mois par plusieurs observateurs.

Selon des sources concordantes, ce sont des coupeurs de routes camerounais qui ont en premier enlevé les sept Français non loin du parc de Waza. Ils les ont vendus ensuite une semaine après aux voisins nigérians de Boko Haram.

Il faut dire que les membres d’une même ethnie, les Kanouris, sont à cheval sur les deux pays. Un lien qui a sans doute facilité les tractations dans une région où la frontière est une véritable passoire. Faute de moyens matériels et humains, les autorités nigérianes et camerounaises ne parviennent pas à sécuriser la zone. Résultat, les incursions au Cameroun des islamistes de Boko Haram sont d’autant plus fréquentes que cette partie de l’État de Borno, au Nigeria, est devenue un bastion de la secte.

Cette révélation sur l’enlèvement des sept Français prouve que les bandits en tout genre et les islamistes entretiennent des liens étroits. De quoi remettre un peu plus en cause la sécurité dans la zone.


 

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