Mali : le Parlement français vote la prolongation de l’opération Serval


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Le Parlement a voté, ce lundi soir 22 avril, la prolongation de l'intervention française au Mali. Le vote a été précédé d'un débat, car au-delà de quatre mois d'intervention militaire française à l'étranger, il doit y avoir l'approbation du Parlement pour continuer. Le vote des parlementaires était attendu, personne n'a voté contre même s'il y a eu quelques réserves.

On peut le dire, le consensus règne toujours sur cette opération Serval. L’ensemble des groupes politiques est d’accord sur la nécessité de poursuivre l’intervention française au Mali : 342 votes pour, 0 vote contre. Plus tard dans la soirée, les sénateurs ont confirmé ce vote, par 326 voix pour et 0 contre.

Pendant le débat, tous les députés ont également tenu à rendre hommage aux cinq soldats français morts au Mali et à l’ensemble des forces françaises pour leur efficacité.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a également fait une annonce importante : à partir de juillet prochain, l’ONU pourrait engager les casques bleus au Mali auprès des forces françaises et africaines. Une déclaration immédiatement saluée par les différents groupes politiques.

Car s’il y a bien une chose que les députés ont regrettée, et même reprochée à cette guerre au Mali, c’est que la France n’aurait pas dû être seule à intervenir. L’opposition de droite, du centre et même d’extrême gauche souhaitent que la France demande des comptes à l’Union européenne. Pourquoi ne s’est-elle pas plus investie ?

Les parlementaires de droite et du centre sont également particulièrement inquiets sur la suite des opérations et craignent l’enlisement. François Hollande dit vouloir retirer progressivement les soldats français du Mali. « Mais il n’y a personne à qui passer la main », s’est inquiété l’ex-ministre de la Défense Hervé Morin. L’opposition l’a répété à plusieurs reprises : désormais c’est à la reconstruction du Mali qu’il faut s’atteler.

La faiblesse de l'Etat malien en question

L’UMP a voté pour, avec des réserves. Pierre Lellouche, président du groupe « Sahe » à la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée a mis l'accent - à la tribune - sur les conséquences de la faiblesse actuelle de l'Etat malien. « A qui allons-nous rendre les clés ? s’est-il interrogé. On touche là à la première et principale difficulté de ce qui nous attend, à savoir l’extrême faiblesse de l’Etat malien. En l’absence de réconciliation nationale entre les ethnies, l’inexistence de l’Etat et des services publics dans les territoires du Nord, l’échec des politiques de décentralisation depuis l’indépendance, tout cela constitue autant de symptômes de ce mal profond qui ronge le Mali. A cela s’ajoute l’extrême faiblesse de la classe politique malienne. »

Pierre Lellouche a également souligné que le Mali est aujourd'hui encore gouverné par des autorités transitoires. Il considère que la question centrale qui se pose suite à l'intervention française est bien celle de la reconstruction d’un Etat malien viable.

En intervenant au Mali, la France était tout simplement à sa place et à la hauteur de ses responsabilités. Notre mission doit se poursuivre.
Jean-Marc Ayrault à l'ouverture de la séance à l'Assemblée nationale
11-10-2013 - Par Sarah Tisseyre