Soudans: négociations de paix en Ethiopie sous l'égide de l'UA

Omar el-Béchir (g) et son homologue sud-soudanais Salva Kiir ont déclaré souhaiter une relation apaisée entre leurs deux pays, le vendredi 12 avril 2013 à Juba.
© REUTERS/Andreea Campeanu

Le gouvernement soudanais et la rébellion du SPLM-N, active au Kordofan du Sud et au Nil Bleu, devaient entamer des pourparlers ce mardi 23 avril à Addis-Abeba sous l'égide de l'Union africaine et la médiation de Thabo Mbeki, l'ancien chef d'Etat sud-africain. Les délégations ont commencé à arriver mardi 22 avril.

La tâche s'annonce délicate. C'est la première fois depuis trois ans que le SPLM-Nord et Khartoum négocient pour un retour à la paix.

Tout a commencé au lendemain des élections générales de 2010. La contestation des résultats par les candidats du SPLM au Kordofan du Sud avait dégénéré quelques mois plus tard en conflit armé. A l'indépendance du Soudan du Sud, Khartoum a accusé son nouveau voisin de soutenir cette nouvelle rébellion dont Juba était historiquement proche pour faire pression sur les négociations sur les frontières ou le pétrole.

En tout cas, les Etats frontaliers du Kordofan du Sud et du Nil Bleu ont fait face à une répression sans précédent du gouvernement soudanais. Bombardements, attaques, quelque 230 000 civils ont trouvé refuge en Ethiopie ou au Soudan du Sud. C'est une véritable catastrophe humanitaire.

Depuis quelques semaines, les relations entre le Nord et le Soudan du Sud se sont apaisées après la signature de plusieurs accords. Le président soudanais Omar el-Béchir s'est même rendu dernièrement à Juba. Et c'est dans ce contexte qu'interviennent ces négociations entre Khartoum et le SPLM-N. Il s'agit d'un premier contact. Les négociations sont prévues sur trois jours. Selon la médiation sud-africaine, les deux délégations devraient même discuter autour d'une même table.
 

Mutinerie au Darfour

Dans l'ouest du Soudan, dans le Darfour, des éléments d'une unité spéciale basée à El-Geneina se sont mutinés ce week-end. Ils ont fait paniquer la population en tirant en l'air, puis se sont enfuis en prenant avec eux quatre véhicules, des armes et de la nourriture. En dépit du discours volontariste du ministre de l'Intérieur soudanais, selon qui le « calme » règne dans les différentes parties du Darfour, les violences commises sur le terrain ces derniers temps sont venues prouver que l'insécurité se poursuivait sous des formes diverses et dans différentes parties de la région.

Des combats entre tribus arabes dans le Darfour central, près d'Um Dukhun, ont poussé au moins 20 000 personnes à franchir la frontière avec le Tchad. Vendredi, dans le Darfour du Sud, des inconnus ont attaqué une base de la mission des Nations unies près de Muhajeriya. Un casque bleu nigérian a été tué, deux soldats de la mission ont été blessés. Dans le Darfour du Nord, samedi, deux factions rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) se sont affrontées dans la zone de Furawiyya. Dimanche, ce sont des éléments paramilitaires pro-gouvernementaux, certains de ceux qu'on surnommait jadis les janjaweed, qui ont semé la panique parmi les habitants d'El-Geneina, dans l'ouest du Darfour, puis ont fui avec armes et bagages.

Les attaques et les exactions ont eu beau baisser d'intensité, elles se poursuivent bel et bien dans cette région de l'ouest du Soudan, dix ans après le début du conflit. Dans son dernier rapport devant le Conseil de sécurité, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, expliquait cette violence par une concurrence accrue entre communautés pour l’accès à des ressources limitées. Mais aussi par « la prévalence des armes dans la population civile, l’impunité des crimes de sang et la méfiance persistante entre les communautés ».

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