La «loi du secret» adoptée au Parlement sud-africain


©

Après trois ans de débats, le Parlement sud-africain vient d’adopter, à une très large majorité, un texte controversé sur la protection des informations d’Etat, une loi rebaptisée « loi du secret » par ses opposants. Le texte doit encore être signé par le président Zuma avant d’entrer en vigueur.

Le texte a été maintes fois remanié, mais cela ne change rien sur le fond : il va permettre de classer secrètes de nombreuses informations d’Etat. Il menace de cinq ans de prison les journalistes qui publieraient ces données, voire de vingt-cinq ans d'emprisonnement s'il y a présomption d'espionnage.

Depuis trois ans maintenant, les médias, les groupes de défense des droits de l’homme et l’opposition combattent ce projet de loi. Ils craignent les intimidations contre ceux qui voudraient dénoncer la corruption, et les atteintes à la liberté de la presse.

Mais pour le ministre de la Sécurité d'Etat, Siyabonga Cwele, cette loi devrait au contraire « renforcer la démocratie, tout en équilibrant la transparence et la protection de la sécurité nationale et des intérêts nationaux ». « Personne ne pourra cacher la corruption à travers cette loi », promet-il. Ces déclarations ne rassurent pas les opposants au texte qui promettent maintenant de saisir la Cour constitutionnelle.