Au Niger, Jean-Yves Le Drian plaide pour l'intégrité territoriale du Mali


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Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est passé par Niamey avant de se rendre à Ndjamena, au Tchad, vendredi 26 avril en soirée. Il s'est entretenu avec le président Mahamadou Issoufou et a visité des éléments de l'armée française basés dans la capitale nigérienne. Le ministre a aussi affirmé que le Mali devait retrouver son intégrité territoriale.

Après une visite à Gao, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a fait étape au Niger. L’occasion de remercier les autorités nigériennes pour leur appui dans la libération du nord du Mali, depuis le départ des soldats français des zones de Ménaka et Anderamboukane. Les militaires nigériens ont pris la relève, ce qui n’est pas du tout du goût du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

Aujourd’hui, le refus de ce groupe armé de se désarmer, préoccupe Paris et Niamey. A sa sortie d’audience avec le président Mahamadou Issoufou , Jean-Yves Le Drian a affirmé qu’une réconciliation nationale s’impose au Mali : « C’est parce que les gens ont dialogué ensemble et ne sont pas reconnus comme tels, qu’il y a eu, entre autres, le champ libre pour les jihadistes. Il n’y a qu’un seul Mali, et donc l’intégrité territoriale est indispensable, incontournable, a-t-il affirmé. Il n’y aura qu’une seule armée, et donc tout le monde devra se retrouver dans la même unité militaire, sous la responsabilité du pouvoir civil, et puis il faut que chacun renonce au terrorisme. Ceux qui sont d’accord sur ces bases-là, qu’ils se mettent ensemble pour discuter. La Commission du dialogue et de la réconciliation a été créée pour cela ».

« C’est une question de crédibilité »

Le ministre a de nouveau insisté sur l'importance d'une élection présidentielle au Mali : « Il faut qu'il y ait des élections au Mali au mois de juillet, c'est une question de crédibilité. Un pays qui retrouve sa souveraineté ne peut pas continuer à avoir des instances dirigeantes qui ne soient pas légitimes », a-t-il lancé. « C'est incontournable, le président Issoufou partage mon sentiment et le président (malien par intérim) Dioncounda Traoré l'a redit hier (jeudi). La France est très attachée à cela et il faut tout faire pour que ça se déroule ainsi », a-t-il ajouté.

Sa visite intervient alors que l'armée française a commencé à se désengager après trois mois d'intervention pour démanteler les islamistes armés qui avaient pris le contrôle du nord du pays. La France compte sur la Minusma pour prendre le relais. Le Conseil de sécurité a autorisé jeudi la création d'une force de maintien de la paix de 12 600 casques bleus pour le nord du Mali.

Le ministre français de la Défense est arrivé vendredi soir au Tchad, dernière étape de sa visite.