Mozambique: les derniers rhinocéros du parc du Grand Limpopo victimes du braconnage

Le nombre de rhinocéros tués augmente chaque année.
© REUTERS/Ilya Kachaev

Les 15 derniers rhinocéros de la partie mozambicaine du parc transfrontalier du Grand Limpopo ont été tués en mars. Des gardes-chasses eux-mêmes ont été impliqués dans ce braconnage. L’organisation non gouvernementale IFAW, le Fonds international pour la protection des animaux, dénonce la corruption qui sous-tend un trafic planétaire. La corne de rhinocéros est particulièrement recherchée dans les pays d'Asie de l’Est où elle est utilisée dans la médecine traditionnelle.

A la création du parc transfrontalier du Grand Limpopo en 2002, qui regroupe des territoires d’Afrique du Sud, du Mozambique et du Zimbabwe, il y avait plus de 300 rhinocéros dans la région mozambicaine. Les derniers spécimens ont été tués par des braconniers le mois dernier.

Kelvin Alie, directeur du programme criminalité faunique d’IFAW, le Fonds international pour la protection des animaux, estime que la présence de gardes-chasses au sein des braconniers est intolérable. « Les gardes-chasses ont désormais rejoint les lignes ennemies dans la lutte pour la protection des rhinocéros contre le braconnage de leurs cornes. »

La corruption qui sévit au sein même des agents de la protection de la faune sauvage n’est pourtant pas un phénomène nouveau et des situations similaires se sont déroulées ailleurs en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Les cornes de rhinocéros, mais aussi les défenses d'éléphant atteignent des prix très élevés en Asie de l'Est. « Jusqu'à 50 000 dollars américains le kilo sur le marché de la contrebande », estime Jason Bell, directeur d’IFAW en Afrique du Sud.

Les pays d’Asie de l’Est sont les plus demandeurs. En particulier le Vietnam, l’Indonésie et la Chine, où la corne de rhinocéros est considérée comme aphrodisiaque et est utilisée dans des préparations de médecine traditionnelle.

Une affiche contre le trafic de cornes de rhinocéros en juin 2012, à Pékin. © RFI/Stéphane Lagarde

Le responsable du parc du Grand Limpopo a promis que la trentaine de gardes impliqués dans ce braconnage seraient rapidement traduits en justice et qu’ils comparaîtraient pour complicité dans ce massacre. « Les autorités du Mozambique doivent agir au plus vite, insiste Jason Bell, sinon cela ne s’arrêtera jamais. »

Mais si les 35 000 kilomètres couverts par le parc du Grand Limpopo s’étendent sur trois pays, les moyens mis en place contre le braconnage ne sont pas mis en commun. Dans la lutte contre ce fléau, ce responsable du l’IFAW se félicite des efforts de l’Afrique du Sud, « qui envoie l’armée en soutien des gardes-chasses. Le Mozambique doit faire preuve de la même volonté. »

La coopération entre les pays qui voient leur faune sauvage décimée doit donc être améliorée. Par ailleurs, Jason Bell rappelle que derrière les braconniers, se cachent des syndicats du crime organisé. « Le problème est planétaire, et les gouvernements chinois et vietnamien doivent agir fermement pour réduire la demande sur leur sol. »

Le nombre d’animaux tués augmente de manière exponentielle chaque année. Rien qu’en Afrique du Sud, le ministère de l’Environnement a dénombré près de 650 rhinocéros tués pour leur corne l’année dernière. Ils étaient 350 en 2011 et 250 en 2010.

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